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4G : le point sur le déploiement des opérateurs, les nouveaux services et les forfaits

Lancée il y a déjà neuf ans en 2004, la téléphonie mobile de troisième génération (3G) a désormais un successeur : la 4G/LTE. Au-delà du buzz alimenté par les opérateurs, cette technologie autorisant des débits très élevés favorise l’usage d’applications professionnelles comme la visioconférence, le travail en mode cloud, l’envoi et la réception de fichiers volumineux. Le point sur le déploiement de cette technologie et les services qui l’accompagnent.

La 4G, également appelée LTE pour Long Term Evolution, devient finalement une réalité.Il s’agit de la quatrième génération de téléphonie mobile après le GSM (2e génération) et l’UMTS (3e génération). Elle intègre un nouveau réseau d’accès radio appelé eUTRAN ainsi qu’un nouveau cœur de réseau « EPC » (Evolved Packet Core), l’ensemble fonctionnant directement en IP.

Cette évolution du réseau télécom mobile permettra de déboucher sur une réelle convergence des services en ligne fournis aux utilisateurs. Par convergence on entend la faculté d’accéder à une multiplicité de services Internet, indépendamment du média utilisé et de l’emplacement de l’utilisateur. L’Internet de demain sera ainsi une interconnexion de réseaux hétérogènes permettant d’accéder, via des cœurs de réseaux à tous types de contenus depuis n’importe où.

Une couverture plus ou moins importante selon les opérateurs

Chaque acteur a une stratégie différente. Bouygues Telecom peut se targuer d’avoir une couverture record de 63 % de la population depuis son lancement le 1er octobre. Jamais dans l’histoire, un réseau n’a été déployé aussi rapidement. En conséquence, 70 % des entreprises sont couvertes par cet opérateur.

SFR et Orange ne devraient couvrir que 40 % de la population (une cinquantaine d’agglomérations) d’ici à la fin de l’année. En attendant de bénéficier d’une couverture plus large, les clients Orange bénéficient de la H+, disponible pour 70 % de la population, cette technologie offrant des débits jusqu’à trois fois plus rapides qu’en 3 G+.

Quant à Free, il est loin derrière. Au 1er septembre, il n’avait que 14 antennes activées, sachant que 1.158 sont autorisées à émettre. Il peut aussi demander une itinérance dans les campagnes à SFR pour utiliser son réseau, qui est obligé de la lui accorder, ou encore signer un accord avec Orange. Pour cet opérateur, la 4G n’est clairement pas une priorité dans les mois qui viennent.

L’avance de Bouygues par rapport aux autres opérateurs s’explique par l’autorisation qui lui a été accordée de recycler une partie de son réseau actuel en 4 G/LTE.

La 4 G/LTE dans les bâtiments

Dans ce domaine également, les opérateurs présentent des différences. SFR a énormément investi (plus de 1 milliard d’euros) dans le déploiement de la bande des 800 MHz, également appelée « fréquences en or », qui assure une bonne couverture à l’intérieur des bâtiments. Revers de la médaille, son déploiement est plus long, car il nécessite une rénovation des équipements. L’opérateur historique a plutôt misé sur les fréquences hautes (en 2.600 MHz) pour densifier le trafic.

Les services « spécial » 4G

Des débits très élevés sont appréciables. Mais des contenus et des services adaptés sont indispensables pour inciter les abonnés à franchir le pas. Selon une étude publiée fin septembre par le cabinet Deloitte sur la téléphonie mobile, seulement 43 % des sondés (enquête réalisée par Ipsos auprès de 2000 internautes français) se disent « prêts » à souscrire à un abonnement 4 G. Presqu’un tiers (26 %) se déclarent satisfaits de leur débit actuel en 3G. Le très haut débit affiché par la 4G n’apparait donc pas comme un argument majeur. C’est la raison pour laquelle les opérateurs devront aussi investir dans les contenus. Il s’agit notamment d’un des axes de la stratégie de SFR pour se démarquer de la concurrence.

Les forfaits mieux adaptés

Les opérateurs comptent sur la 4G pour se refaire après avoir vu leurs marges s’effondrer depuis l’arrivée de Free. Ils annoncent une augmentation moyenne de 10 euros après fin janvier 2014 mais conservent en attendant leur grille tarifaire actuelle, les abonnements démarrant à 30 euros.

Pour convaincre les abonnés de franchir le pas, les opérateurs ont mis en place des abonnements spécifiques.

Première nouveauté, les abonnements 4G de Bouygues sont sans réduction de débit au-delà de l’enveloppe data choisie. Mais, le calcul se fait « au Mo » avec un plafond à 120 euros HT pour éviter toute facturation excessive. Le client garde cependant la possibilité de choisir un forfait avec débit réduit au-delà de l’enveloppe, sans facturation supplémentaire.

De son côté, SFR affiche 4 forfaits incluant notamment l’option multisurf qui permet de partager son abonnement avec d’autres terminaux (jusqu’à 4 SIM incluses), SFR TV, un espace de partage dans le cloud (à un volume encore non précisé), 130 chaînes de TV et les services Gold et Platine.

SFR met surtout en avant ses contenus premiums. Pour chaque forfait, le client pourra choisir une de ces quatre offres, à savoir :

  • un accès illimité à iCoyotte (information routière en temps réel) ;
  • un accès illimité à Napster (musique en streaming) ;
  • un accès illimité à Canal Play (catalogue de VOD) ;
  • un accès illimité au bouquet Gameloft (jeux vidéo) ;
  • un accès à SFR Presse, un kiosque de 200 journaux et magazines.

Quant à Orange, il propose 3 forfaits. Il est notamment possible de partager l’internet de son forfait mobile avec sa tablette grâce à l’option multi-SIM (offerte sur demande dans les offres mobiles Orange 4G/H+).

Des applications professionnelles favorisées par la 4G/LTE

Cette 4ème génération de réseau mobile permet de profiter d’un débit jusqu’à quatre fois plus élevé (selon les situations) qu’en 3G. En conséquence, une photo de 2 Mo peut être récupérée en une seconde. Autre intérêt : une latence (temps de réponse dans l’établissement de la communication) divisée par deux par rapport à la 3G, ce qui favorise les jeux en réseau, la télévision en direct, mais aussi la visioconférence.

Avec la 4G/LTE, le bureau devient en effet très mobile : travail en mode cloud, envoi et réception de fichiers volumineux ou visioconférence sont facilités, autant de facteurs qui pousseront à l’adoption de cette technologie pour des applications professionnelles.

Les terminaux compatibles

Une vingtaine de smartphones étaient compatibles 4G/LTE en ce début d’automne. La plupart des systèmes d’exploitation affichent des modèles capables d’être connectés à ce type de réseau : iOS d’Apple avec ses derniers iPhone 5C et 5S, Windows Phone avec notamment les Nokia Lumia 925, 920 et 820, sans oublier Android avec le Sony Xperia Z1 et les terminaux Samsung Galaxy S3 et S4.

L’offre de tablettes tactiles compatibles avec les réseaux 4G s’enrichit avec une poignée de modèles : Samsung Galaxy Note 10.1, Sony Xperia Tablet Z, Nexus 7.

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