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L’internet des objets

V-internet objetsDe plus en plus d’objets sont connectés à l’Internet. Des machines, des véhicules, des équipements ménagers, de biens de consommation mais aussi des animaux ou des humains sont équipés de capteurs capables de transmettre des informations et d’en recevoir en retour. Près de 10 milliards d’objets sont aujourd’hui connectés à l’Internet et ce n’est qu’un début. Tour d’horizon de quelques implications économiques et sociétales d’un domaine qui pourrait représenter la première révolution technologique du XXI siècle.

Le plan de reconquête industrielle présenté récemment par le gouvernement identifie à juste titre les objets connectés ou l’internet des objets comme un des axes d’investissement à privilégier pour préparer l’avenir.

A quoi ressemblera l’internet en 2030 ? Sans doute à un réseau mondial connectant entre eux quelques 70 milliards d’objets, soit dix fois plus que d’êtres humains. Voici en synthèse la vision décrite par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) dans son étude « La dynamique d’Internet – Prospective 2030″.

L »objet » dont il est question dans l’Internet des objets (également qualifié de M2M pour machine to machine) désigne tout objet pouvant contenir un dispositif informatique embarqué et connecté. Un « objet » peut aussi bien être un conteneur maritime doté d’une étiquette RFID qu’une montre grand public équipée d’une puce WiFi envoyant des données sur la condition physique de son porteur.

Impact économique

internet objets1Les impacts potentiels d’une connexion massive des objets concernent de nombreux domaines comme celui de la santé, de la gestion des infrastructures de transport  ou des services publics.

Pour prendre l’exemple de la santé, la transmission en temps réel des paramètres vitaux à un médecin permet de réagir rapidement en cas de dépassement d’un seuil d’alerte et donc de soigner plus efficacement un grand nombre d’affections.

En dotant de capteurs un nombre croissant d’équipements, les entreprises sont progressivement en train de se doter de la capacité à suivre et à gérer en temps réel les « parties mobiles » de leur activité. A tout moment les industriels peuvent suivre le flux des biens produits par leurs équipements tout en intervenant rapidement en cas de panne ou en prenant des mesures de maintenance préventive pour limiter les incidents.

Chaque individu va également faire partie de cet internet des objets en transmettant de plus en plus de données sur son activité. Nous faisons pour la plupart déjà partie de ce réseau en transportant notre smartphone qui permet de nous géolocaliser.  Le boom attendu du « wearable computing », c’est-à-dire des objets communicants à porter ne fera qu’amplifier le volume de données que nous allons transmettre. Le port de lunettes à la « Google Glass » permettra de recevoir sur ses lunettes des messages ciblés en fonction de nos goûts et des endroits susceptibles de nous intéresser. Nos équipements ménagers, à l’instar des premiers modèles de réfrigérateurs déjà commercialisés, vont renseigner les industriels sur nos habitudes de consommation qui en retour nous proposeront des offres réellement personnalisées.

De nombreux constructeurs vont commercialiser par exemple des réfrigérateurs qui se connectent à Internet en wifi. Grâce à un écran tactile, l’utilisateur pourra faire ses courses en ligne. Le réfrigérateur enregistrera également le contenu de l’appareil et proposera une application de gestion des stocks, c’est-à-dire une application qui connaîtra précisément le nombre et le type de vos yaourts et qui aura donc la possibilité de communiquer cette donnée, par exemple à un vendeur de yaourts.

Autre exemple, Nespresso filiale de Nestlé s’est alliée à Orange Business Services pour proposer une nouvelle génération de machines à café « connectées ». Intégrant une carte SIM, elles communiquent via le réseau mobile avec les centres de relation client Nespresso pour organiser le réassort et optimiser la maintenance technique.

L’Internet des objets débouchera sur une compréhension plus fine des comportements des consommateurs, ce qui paradoxalement pourrait s’avérer utile.

Cela pourrait diminuer le bombardement de publicités visant un public trop large et permettre aux entreprises de s’adresser aux consommateurs de manière vraiment personnalisée, voire même de proposer des prix adaptés à chacun. A titre d’exemple les capteurs qui seront intégrés dans les voitures recueilleront des données qui pourront être transmises aux assureurs. Ceux-ci pourront alors adapter précisément leurs tarifs sur les habitudes de conduite de chacun.

Technologies utilisées

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L’Internet des objets repose sur la multiplication des réseaux parmi lesquels le RFID (Radio Frequency Identification ou Identification par fréquence radio) fait figure de précurseur. La RFID consiste, entre autres, à mettre des petites puces sur des objets (une valise, un yaourt, un livre…) pour qu’ils puissent émettre des données lorsqu’une personne (un salarié ou un client) approche un appareil capable de lire des informations (date de péremption, composition, identité du propriétaire…).

L’internet des objets va plus loin en multipliant les services réseau : publication de l’information, stockage, recherche, gestion des droits d’accès… Lorsque les objets peuvent à la fois analyser leur environnement et communiquer, ils deviennent des outils qui permettent de comprendre des situations complexes et d’y faire face rapidement.

Le déploiement de l’Internet des objets prendra du temps. Mais son déploiement et sa généralisation devraient s’accentuer grâce aux nouvelles technologies de la communication. L’amélioration des technologies sans fil (du type Wi-fi, Bluetooth ou même 4 G), la standardisation croissante des protocoles de communication et la chute rapide du coût des composants contenus dans les capteurs rendent possible et économiquement viable la collecte de données à grande échelle.

Implications sécuritaires – confidentialité

internet objets3Les implications sécuritaires d’une circulation massive de données sont évidemment à prendre très au sérieux. Comme pour toute connexion de données, la possibilité pour un équipement de déclencher une action, sans que l’intervention d’un opérateur humain soit nécessaire, pose le problème du risque d’un détournement par des hackers, des criminels ou des terroristes. Les données collectées pour les applications de surveillance médicale pourraient ainsi être détournées.

Alors que de plus en plus de données personnelles sont diffusées sur Internet, il va devenir crucial pour les internautes de savoir gérer la diffusion de leurs informations personnelles.

L’alerte qu’a représentée récemment ce que l’on a appelé le «bug de Facebook» a démontré que les utilisateurs connaissent mal la politique des réseaux sociaux. Elle a également mis en évidence que les internautes sont globalement devenus plus prudents sur la diffusion de leurs informations personnelles.

Pour éviter de devenir une cible trop facile pour les marketeurs, les internautes devront donc apprendre à comprendre et maîtriser la diffusion de leurs données. Ils pourront à cette condition profiter sereinement de nouveaux services sans renoncer à la protection de leur vie privée.

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