Articles IT et Télécoms

Quel sera l’impact de l’ère du post-PC dans l’entreprise ?

Avec la multiplication des terminaux, professionnels mais aussi privés dont disposent les utilisateurs, la gestion du « poste de travail » fait l’objet d’une remise en cause d’une ampleur inédite depuis l’avènement du PC. Comment les entreprises doivent elles se préparer pour répondre aux attentes de leurs utilisateurs sans renoncer à leur existant matériel et applicatif ? Revue de quelques pistes permettant de mettre en place une cohabitation inéluctable.

Le PC est mort, vive le PC ! Annoncée depuis des années, la disparition de l’ordinateur personnelle n’en finit pas d’alimenter les spéculations. Néanmoins, l’ère dite du « post-PC » est déjà une réalité. La baisse des ventes d’ordinateurs et la forte croissance du marché des tablettes tactiles témoignent de cette évolution. L’époque où un salarié disposait en tout et pour tout d’un micro-ordinateur et d’un mobile GSM est révolue. Si le PC restera encore longtemps incontournable, il devra s’intégrer avec les tablettes et autres smartphones qui équipent les employés-consommateurs dans la plupart des entreprises.

Comment la DSI peut-elle se préparer à cette cohabitation inéluctable ?

Différentes pistes existent qui vont de la virtualisation du poste de travail à l’acquisition de PC hybrides en passant par le développement d’applications capables de s’adapter à tous type de terminaux et enfin à la gestion d’un parc matériel hétérogène.

La virtualisation du poste de travail

La place incontournable des outils Microsoft dans les entreprises signifie que ses applications-phares (Office, Outlook et Skype notamment) ne sont pas prêtes de disparaître. La question consiste donc dans le support de ces outils sur d’autres plateformes système que Windows.

En attendant l’arrivée qui reste à confirmer d’une version d’Office pour iOS et/ou Android, une solution consiste dans la virtualisation des postes de travail.

Principalement envisagée il y a quelques années dans un objectif d’optimisation des coûts, cette solution permet de s’adapter aux nouveaux comportements des utilisateurs, leur environnement de travail devenant indépendant des terminaux utilisés.

En déplaçant le contenu des postes de travail vers un Cloud interne ou externe, les administrateurs pourront déployer et approvisionner les applications plus rapidement et étendre l’utilisation de leurs services applicatifs à des tierces parties tout en contrôlant l’accès aux ressources sensibles.

La nécessaire adaptation des applications métiers

Au-delà des outils bureautiques se pose la question de l’adaptation des applications métiers qui ne sont généralement pas, ou peu adaptables à des usages sur des smartphones ou des tablettes.

Il faut alors revoir l’ergonomie, l’interface pour s’adapter au tactile, la taille des écrans, les performances, la gestion des modes connectés/déconnectés, etc…

La plupart des éditeurs ajoutent des fonctionnalités mobiles à leurs applications afin d’être en mesure de s’adapter à des contextes multi-environnements. On observe également la disponibilité croissante en mode SaaS (Software as a Service) des applications métiers devenant ainsi accessible à tous types de terminaux.

PC hybride : le chaînon manquant ?

Afin de réconcilier le support des applications professionnelles avec les attentes des utilisateurs en matière d’interface tactile, Microsoft et ses partenaires poussent le concept de PC hybride. Cette nouvelle génération de PC, mi-PC mi-tablette, est présentée comme le meilleur des deux mondes.

L’éditeur et la plupart de ses partenaires OEM poussent donc activement ce concept qui présente plusieurs intérêts pour les entreprises.

Il permet en premier lieu d’éviter de multiplier les terminaux. Plutôt que d’équiper ses collaborateurs d’un PC portable et d’une tablette, le PC hybride permet en un seul équipement de satisfaire à l’ensemble des besoins. Qui plus est, ce PC reste un PC et peut être donc être géré comme les poste de travail qui l’ont précédé (sécurisation, déploiement d’applications à distance, ..), ce qui reste encore très difficile pour une tablette.

A l’heure où les entreprises se posent la question de la migration de leurs postes encore sous Windows XP, ce type de machine peut intéresser les entreprises pour certaines catégories d’utilisateurs mobiles.

Microsoft propose sa propre version du PC hybride avec sa Surface Pro qui vient juste d’être commercialisée en France quelques mois après son lancement aux Etats-Unis.

La question du développement applicatif

Toute nouvelle application d’entreprise devant être en mesure de s’exécuter indépendamment du type de terminal, elle devrait en théorie reposer sur le plus petit commun dénominateur de chacune des plateformes : HTML 5 et CSS3.

En pratique, le succès des magasins d’application des différents constructeurs (Apple store, Google Play, Windows Store…) s’explique par le fait que ces standards du Web ne permettent pas aujourd’hui de répondre à des besoins sophistiqués.

Si l’on veut pouvoir disposer d’applications natives, il faudra donc encore en passer par les langages et kits de développement propres à chaque système ce qui accroît notablement les coûts de développement.

Seule alternative évoquée plus haut, l’encapsulation d’une application métier dans une machine virtuelle à laquelle on accèdera depuis son terminal.

Du MDM au MAM

La multiplication des terminaux mobiles a eu pour conséquence l’apparition d’une nouvelle catégorie d’outils appelée MDM pour Mobile Device Management.

Ces outils étendent aux mobiles les services qu’ils apportaient jusqu’ici aux seuls PC : centralisation de la gestion des terminaux mobiles, diffusion des applications, gestion d’inventaire matériel et applicatif ou gestion des configurations et de la sécurité. Un MDM permet notamment de configurer une messagerie, d’imposer l’utilisation d’un mot de passe d’une complexité donnée ou de paramétrer la connexion au VPN de l’entreprise sur tous les terminaux gérés.

Cette approche orientée gestion de parc est remise en question par une nouvelle génération d’outils « MAM »qui mettent l’accent sur la gestion des applications, indépendamment du terminal utilisé. Un MAM pour Mobile Application Management a pour objet de gérer un catalogue d’applications qui sont chacune dotés de leur propre sécurité.

En pratique, les deux catégories d’outils sont amenées à coexister, chaque éditeur intégrant une proportion variable de fonctionnalités appartenant à chacune de ces catégories.

Une nouvelle politique de gestion du parc et des utilisateurs

La consumérisation des technologies de l’information de l’IT, symbolisée par le BYOD, a pour conséquence de contraindre les entreprises à réévaluer les modes d’attribution et de gestion des terminaux.

Pour les entreprises, ce phénomène pose de nombreuses questions (en matière de sécurité informatique, de maîtrise du parc, de gestion des licences…) auxquelles il est encore difficile d’apporter des réponses pertinentes.

Néanmoins, en acceptant le BYOD, l’entreprise montre qu’elle s’intéresse à l’environnement utilisateur. Elle peut y trouver un moyen de renforcer son attractivité en permettant aux salariés de travailler différemment.

Cette politique permet également d’attirer certains profils et de fidéliser des talents. Des études ont en effet montré que les jeunes à la recherche d’un emploi sont attirés par des outils performants (logiciels, matériel, accès aux réseaux sociaux).

Discussion

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :