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Le VDSL2 peut-il constituer une alternative à la fibre optique?

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En matière de connexions haut débit, la France et l’Europe sont en retard. Fin 2011, la proportion part des abonnés à la fibre optique était de 63 % au Japon, de 56 % en Corée du Sud, de 9 % aux États-Unis et seulement de 3 % en Europe occidentale. L’arrivée d’une nouvelle technologie appelée VDSL2 peut-elle contribuer à développer le haut débit à moindre coût ?

Ce qu’est le VDSL

A l’instar de l’ADSL, le Very-High-Data-Rate Digital Subscriber Line (VDSL) repose sur la paire de fils de cuivre du téléphone. Les signaux sont transportés sur les fils de cuivre (qui constituent l’élément principal d’une ligne téléphonique), simultanément et sans interférence avec la voix.

Autorisé en mars dernier par l’Arcep, le VDSL n’est pas une technologie vraiment récente puisque, le 8 mars 2008, le Comité d’Experts auprès de l’Autorité de Régulation des Télécommunications (ART) – remplacé depuis par l’Arcep – avait donné son feu pour que France Telecom la teste sur le terrain. Deux expérimentations avaient été lancées entre Issy-les-Moulineaux (en banlieue parisienne) et Paris, et dans le sud de la France.

Ces premiers essais réussis n’ont pourtant pas favorisé son déploiement à grande échelle, certains opérateurs ayant préféré, entre autres, miser sur la fibre optique.

Différentes contraintes ont depuis obligé ces mêmes opérateurs à revoir à la baisse leurs ambitions en matière de couverture FTTH et à s’intéresser au VDSL2 qui a été expérimenté par France Telecom en 2012.

Ses avantages

Le premier intérêt est un débit plus important. En théorie, une ligne VDSL2 peut synchroniser à 100 Mbit/s en réception à un demi-kilomètre. Le débit est ensuite divisé par deux à chaque tranche supplémentaire de 500 mètres de ligne (50 Mbit/s pour 1000 mètres et 25 Mbit/s pour 1500 mètres). De quoi théoriquement concurrencer la fibre optique.

Cette amélioration s’explique par le recours à un spectre plus large avec des fréquences plus élevées.

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Autre avantage non négligeable, le coût de déploiement ou l’inexistence de ce coût sur des installations existantes.

Couvrir un territoire urbain ou péri-urbain en VDSL2 revient 10 fois moins cher que de le faire en fibre optique, notamment en zones pavillonnaires.

Les bénéfices pour les entreprises

À la différence de l’ADSL, cette technologie autorise les connexions symétriques (échanges de données dans les deux sens) à des vitesses plus élevées et constantes.

Elle favorise donc les échanges fluides et garantit une rapidité de communication sans avoir à changer de matériel. Cette technologie permet d’envoyer des emails volumineux et nombreux, de réaliser des vidéoconférences en HD ou encore d’uploader des données dans le Cloud en quelques instants.

Les limites

Cette technologie présente malheureusement des inconvénients qui l’empêchent d’être la solution idéale permettant d’apporter le haut débit à tous.

Sa principale limite est représentée par la rapide atténuation du signal.

Plus l’entreprise se trouve éloignée du répartiteur (un central téléphonique), plus le débit baisse. « La longueur ne doit pas excéder 1 km en distribution directe », précise l’Arcep.

Selon les premiers tests grandeur nature, menés par OVH et Free, les débits réels atteignent 80 Mb/s à quelques dizaines de mètres du répartiteur et descendent à 45 Mb/s dès que l’on se trouve à 500 mètres. Si on approche du kilomètre, la vitesse plafonne à 30 Mb/s. Au-delà de 1500 mètres, le débit n’est pas meilleur qu’en ADSL2+ et le VDSL2 ne présente plus d’intérêt.

Résultat, le VDSL2 n’apparaît pas comme une alternative efficace pour apporter le Très Haut Débit  (THD) dans les zones moins denses. Enfin, l’autorité des télécoms précise que «le VDSL2 sera plus sensible à des perturbations électromagnétiques externes à la boucle locale, aux origines très variées (équipements domestiques défaillants, ascenseurs, enseignes lumineuses…) ».

Le VDSL2, pour qui ?

Au final, cette solution présente peu, voire pas du tout, d’intérêts pour les entreprises déjà pénalisées par de faibles débits du fait de leur éloignement des répartiteurs.

Le VDSL2 profitera donc aux abonnés déjà les mieux lotis : ils bénéficieront de débits significativement plus élevées.

Selon l’Arcep, le nombre des foyers éligibles est estimé à environ 5 millions et le nombre de lignes à plus de 30 Mb/s à 2 millions.

Encore faut-il répondre aux critères d’éligibilité :

  • un central téléphonique équipé d’un DSLAM VDSL2 et d’une collecte optique ;
  • une ligne distante de moins de 1200 mètres du central (environ 19 dB d’affaiblissement) ;
  • une ligne en « distribution directe », c’est-à-dire raccordée au central téléphonique sans passer par un sous-répartiteur.

Pour quand ?

Tous les clients d’OVH, éligibles de l’agglomération de Bordeaux, ont déjà basculé l’année dernière. La totalité des 180 DSLAM d’OVH sont effectivement compatibles, tout comme les modems qu’il fournit à ses clients. D’autres FAI prévoient aussi d’exploiter le VDSL2, à commencer par Free qui vient d’annoncer le déploiement en Dordogne et Gironde en attendant un déploiement national sans supplément de prix.

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