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Quelle tablette pour l’entreprise ?

Le succès rencontré par les tablettes conduit les entreprises à sérieusement considérer l’usage de ce type de matériel dans leur stratégie informatique. Au risque d’aller à l’encontre du BYOD qui repose sur le libre choix du matériel par son utilisateur, une DSI se doit de considérer les caractéristiques systèmes de ces matériels afin d’établir des préconisations de déploiement qui soient en cohérence avec sa stratégie et les outils dont elle est dotée. Revue des points forts et faiblesses des trois options du marché : iOS, Android et Windows

A en croire les prévisions des analystes, la vogue des tablettes n’en est qu’à ses débuts et les ventes de ce type de matériel devrait dépasser celles des PC d’ici à 2017. Quoi qu’il en soit, aucune DSI ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la place à accorder à ces outils plébiscités par leurs utilisateurs.

Trois options se partagent le marché : iOS, Android et Windows.


Points forts: iOS constitue un environnement entièrement contrôlé par Apple qui fait bénéficier ses utilisateurs d’une intégration parfaite entre matériel et logiciel. Disponible dans sa version 6, le système d’Apple s’est constamment enrichi au cours des versions et bénéficie d’une maturité aboutie tout en étant installable sur tous les iPads depuis la version 2. iOS est doté d’un client MDM (Mobile Device Management) utilisé par les vendeurs spécialisés (McAfee, IBM, SAP, …). Enfin le succès de l’iPad a entraîné le développement d’un grand nombre d’applications de qualité disponible via l’App Store.


Inconvénients: Le fait qu’iOS ne soit disponible que sur des tablettes iPad a pour conséquence un choix matériel plus limité qu’Android ou Windows 8. La politique de prix d’Apple a également pur conséquence un coût d’équipement plus important comparé à Android. Si l’on ajoute que toutes les applications doivent nécessairement passer par l’App Store, les éditeurs d’applications professionnelles doivent verser leur dîme au constructeur ce qui renchérit les coûts de licence. Dernier point, le développement d’applications repose sur le langage Objective C dont la maîtrise est moins répandue que Java ou C++ et .Net.


Points forts : Le succès massif d’Android a pour conséquence une gamme importante de terminaux aux fonctionnalités et au prix plus abordable que les offres d’Apple ou des tablettes basées sur Windows 8. L’ouverture d’Android permet une customisation importante du système pour s’adapter au cahier des charges des entreprises. Les outils MDM du marché supportent tous Android, au même titre qu’iOS. La politique de Google est plus souple que celle d’Apple en matière de licence et les applications disponibles dans Google Play sont aussi nombreuses et souvent moins chères que les versions iOS. Enfin le développement en Java est facilité par la disponibilité de programmeurs maîtrisant ce langage.


Inconvénients : L’inconvénient majeur d’Android est sans doute sa grande fragmentation qui a pour conséquence de rendre difficile le développement d’applications qui puissent s’exécuter de manière homogène sur les tablettes des différents constructeurs. Si on ajoute que les tablettes Android sont disponibles dans une grande variété de tailles d’écran, on comprend que la standardisation ne soit pas simple. La sécurité est également un problème récurrent de ce système, une conséquence d’une flexibilité importante qui a eu pour effet l’apparition de malwares visant plus fréquemment Android que d’autres systèmes.


Points forts: Si l’on met de côté les tablettes Windows RT, peu nombreuses au demeurant, les tablettes à base de processeur X86 présentent l’avantage d’assurer une compatibilité parfaite avec les applications Windows « traditionnelles » et notamment avec Office. L’héritage applicatif de l’entreprise est ainsi préservé et les applications métiers s’exécuteront naturellement sur les tablettes Windows 8. Autre point fort, Windows 8 s’intègre naturellement dans une infrastructure de management classique reposant sur Active Directory et les produits de la gamme System Center. Dans ce cadre, une tablette Windows 8 est un PC comme un autre qui peut faire l’objet d’une gestion sécurisée et sur lequel on peut déployer toute application spécifique. Le développement d’application est facilité du fait de cette compatibilité avec les versions antérieures de Windows et il existe une profusion de compétences C++, .Net, Silverlight, … Enfin, les tablettes Windows s’intègrent dans les accords de licence de l’éditeur pour permettre à leurs utilisateurs de déployer des outils comme Office à des conditions négociées.


Inconvénients : Les tablettes basées sur Windows 8 sont plus volumineuses, plus lourdes et plus coûteuses que leur équivalent iOS ou Android. L’interface hybride de ces systèmes peut être déstabilisantes et nécessite une formation des utilisateurs pour passer naturellement du bureau Windows à l’environnement Metro et vice versa. Du fait que ces tablettes reposent sur une architecture X86, l’autonomie de ces matériels est sensiblement réduite, de l’ordre de 4 à 6 h, loin derrière les durées d’utilisation des matériels concurrents. Enfin Windows 8 étant apparu il y a quelques mois, le nombre d’applications natives en mode tablette reste à ce jour modeste en comparaison du choix disponible sous iOS et Android.

En conclusion, dans un environnement professionnel, il n’existe pas de plateforme qui puisse s’imposer naturellement sans prendre en compte les spécificités propres à chaque organisation. Des trois plateformes qui se partagent le marché : iOS, Android et Windows 8, la première est la plus ancienne et la plus mature, la seconde la plus répandue et la plus ouverte et enfin la troisième la plus facilement gérable et la plus compatible avec l’existant applicatif.


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