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Surface, la première tablette pensée pour l’entreprise

Le lancement de Surface constitue une véritable révolution pour Microsoft. Disponible en version ARM et bientôt Intel, cette tablette a pour objectif d’être à la fois une tablette mais aussi et peut être surtout d’incarner un outil de productivité personnelle. Livré avec Office dans la version ARM, la version « Pro » supportera en effet toutes les applications Windows « classiques ». Points forts et faiblesses d’une tablette atypique.

Lancée en novembre simultanément à Windows 8, la tablette Surface est d’ores et déjà disponible dans une version « RT » pour processeurs ARM en attendant le lancement début 2013 d’une version professionnelle pour processeurs Intel.

Le développement de Surface représente une rupture pour Microsoft qui tourne le dos à son passé d’éditeur pour se transformer en fournisseurs de services et de matériels et ainsi essayer de reproduire le modèle industriel qui a fait le succès d’Apple.

Pourquoi une tablette Microsoft ?

Plusieurs raisons ont sans doute conduit Microsoft à commercialiser une ligne de tablettes sous sa marque, au risque de s’aliéner ses partenaires traditionnels du monde PC.

En premier lieu, on notera que Microsoft cherche à se rapprocher d’Apple en développant une offre intégrée dont il puisse complètement maîtriser l’ensemble des composantes.

En commercialisant une gamme de « devices », la société de Seattle cherche à se doter d’une offre complète intégrant les appareils, les services Cloud (Windows Store, Xbox Music, Office 365, …) sans oublier les boutiques qui devraient commencer à arriver en Europe l’année prochaine.

Avec Surface, Microsoft assure ne pas vouloir se substituer à ses partenaires OEM traditionnels mais plutôt vouloir inspirer ces derniers en développant une tablette à la fois innovante et en mesure de tirer le plus grand parti de Windows 8.

On peut également voir dans cette décision la volonté pour Microsoft de se couvrir contre les risques que lui feraient courir des produits mal conçus donnant une mauvaise image de Windows 8. Il n’est que de voir certaines machines Windows 8 introduites récemment et ne disposant pas d’écran tactile pour comprendre les craintes de l’éditeur.

Innovations matérielles et système

Du point de vue du hardware, Surface innove en introduisant une protection écran faisant office de clavier qui se détache et se remet en place très facilement grâce à un aimant puissant. L’autre trouvaille réside dans son pied intégré très pratique pour visionner une vidéo, consulter une page web dans sa cuisine ou travailler sur un document.

L’innovation logicielle découle de Windows 8, système hybride dont les applications natives sont conçues pour une interface tactile mais qui reste en mesure de basculer en mode « Windows » à tout moment afin de supporter la logithèque Windows. Cette caractéristique de Surface « Pro » (pour processeurs Intel) ne vaut pas pour la version RT sur laquelle aucune application Windows autre qu’Office 2013 Etudiant ne pourra s’installer.

On notera également que Surface « Pro » est compatibles avec les drivers développés pour Windows et permet donc de réutiliser tous les périphériques supportés sous Windows 7. Là encore les choses sont plus nuancées concernant Surface RT même si un grand nombre de drivers pour les principales classes de périphériques (imprimantes, souris, ..) sont disponibles.

Reste que la décision de devenir un concurrent de facto de ses anciens partenaires OEM fait courir le risque à Microsoft de voir certains d’entre eux mettre en avant des systèmes alternatifs comme Linux.

Surface, une tablette « work and Play »

Plutôt que de développer une tablette cherchant à imiter l’iPad comme Google le fait avec Android, Microsoft a fait le choix de proposer une offre hybride permettant à la fois de consommer du contenu numérique comme toute tablette mais aussi de travailler, d’où le slogan « work and play » mis en avant par l’éditeur.

Comme déjà souligné, ce caractère hybride découle de la double personnalité de Windows 8 : mi- tablette avec son interface et ses applications tactiles « Metro » et mi-PC grâce au support du bureau et des applications Windows « classiques ».

Cette dualité sera surtout effective dans la version Intel de Surface, même si l’inclusion d’Office 2013 dans la version « RT » pour processeurs ARM fait de ce produit beaucoup plus qu’un simple outil de consommation.

A contrario, la version « Pro » de Surface ne sera pas livrée avec Office qu’il faudra donc acquérir en complément en souscrivant par exemple à un abonnement Office 365.

Il ressort de ces éléments que les deux versions de Surface visent des cibles différentes : la version RT s’adresse avant tout au grand public qui verra dans l’intégration d’Office la possibilité de travailler ponctuellement sans avoir besoin d’un portable en complément.

Quant à la version professionnelle, entièrement compatible avec les PC Windows, elle sera sans surprise proposée avant tout aux entreprises qui disposeront alors d’un outil satisfaisant à toutes les exigences de sécurité tout en s’intégrant dans l’infrastructure de gestion existante.

Une tablette Surface « Pro » pourrait ainsi remplacer avantageusement un iPad (ou une tablette Android) à laquelle il est souvent nécessaire d’adjoindre un portable pour pouvoir utiliser les applications de l’entreprise. Contrairement aux outils des concurrents de Microsoft, Surface Pro ne nécessite aucune adjonction aux outils de management existants pour s’intégrer au système d’information de l’entreprise.

Outre le support d’office et des applications Windows dans la version Intel, Surface se distingue de l’iPad grâce à la présence d’un port USB indispensable pour la connexion à un disque dur externe, à une imprimante, ou simplement une clé USB. Tous les périphériques Windows sont ainsi utilisables depuis la version Intel et une bonne partie d’entre eux sont également supportés dans la version ARM.

Même en mode tablette, Surface tire parti des fonctionnalités de Windows 8 supportant plusieurs comptes utilisateurs (ce que ne permet pas un iPad), permettant de passer rapidement d’une tâche à l’autre, d’arranger deux applications sur un écran, ou encore de s’utiliser avec une souris.

Notons enfin l’intégration dans toutes les versions de Surface du client bureau à distance qui permet d’accéder à toute machine Windows et ainsi à ses applications.

Les limites de Surface

Si la majorité des testeurs ont apprécié la qualité de la fabrication, le design et les astuces marquantes comme le clavier aimanté détachable et le pied rétractable intégré, une quasi-unanimité se fait sur le manque d’applications « Metro » en comparaison de l’Application Store ou de Google Play.

Cette critique, justifiée à ce jour, devrait rapidement perdre de sa pertinence au fur et à mesure ou le catalogue applicatif se développera. Compte tenu du poids que pèse Windows, on peut imaginer que la plupart des développeurs iOS et Android proposeront rapidement une version Windows 8 de leurs applications.

Une autre critique également justifiée souligne la confusion qui découle d’avoir à gérer deux modes opératoires très distincts : le bureau « classique » de Windows et le mode « Metro ». Ce dernier est le mode natif de Windows 8, celui dans lequel l’utilisateur se retrouve au démarrage de sa machine ce qui implique de basculer volontairement vers le bureau pour retrouver un environnement de type Windows.

A l’usage, on comprend assez vite comment basculer d’un mode à l’autre sans avoir à y penser. Pourtant les nombreux aller et retours inévitables finissent par fatiguer en soulignant le déficit de cohérence d’un système en devenir. Windows 8 est en effet un système de transition dont la vocation est de remplacer à terme le monde Windows, même s’il faudra des années pour parvenir à ce résultat.

La bonne nouvelle est que Windows 8, contrairement aux versions qui l’ont précédé, est un système conçu avec et pour le « Cloud » ce qui implique que ses évolutions se feront de façon graduelle et continue, via des mises à jours automatiquement installées qui mettront ainsi fin aux changements de version triennaux tout en reléguant la notion de service pack aux oubliettes.

En d’autres termes, Windows 8 devrait rapidement s’enrichir de nouvelles fonctionnalités tout en remédiant aux insuffisances inévitables d’un nouveau système aussi ambitieux que Windows 8.

Une dernière critique porte sur la distribution sévèrement limitée de Surface.

Jusqu’à une date récente, il n’était pas possible de commander Surface autrement que dans une boutique Microsoft (pour les résidents américains) ou sur le site de Microsoft. Impossible à toucher, absent des magasins, Surface risquait de rester confidentiel jusqu’à ce que Microsoft étende sa distribution en annonçant en France que sa tablette sera également disponible dans les Fnac et les magasins Boulanger.

Caractéristiques matérielles communes :

  • Ecran 10 pouces au format 16/9 ème.
  • Mémoire flash de 32 à 128 Go suivant le modèle
  • Pied rétractable intégré
  • Clavier aimanté détachable
  • Deux caméras 720p en façade et à l’arrière
  • Lecteur de carte SD, prise vidéo HD et prise casque
  • Haut-parleurs stéréo
  • Surface RT vs Surface Pro

Surface RT

Surface RT est destinée à priori au grand public, aux utilisateurs qui sont à la recherche d’un outil hybride permettant à la fois de se détendre mais aussi de travailler si nécessaire. Le problème de la version RT tient dans l’impossibilité d’installer une application Windows classique. Son « bureau » Windows devient une incongruité puisqu’on ne peut rien y installer et qu’il ne sert qu’à lancer le panneau de contrôle, le gestionnaire de fichier ou encore à exécuter les applications Office pré installées. A noter que la version d’Office ne comprend pas Outlook et qu’il faudra se contenter du client de messagerie intégré dans Windows 8.

Surface RT est doté de 2 Go de RAM contre les 4 Go de la version Pro. En revanche l’autonomie de la version RT est plus importante, son prix et son poids sont également allégé. Surface Pro est doté d’un port USB 2.0 et non pas 3.0 pour cause de processeur ARM. Elle est dotée de 32 ou 64 Gb de mémoire dont environ la moitié est utilisée par le système, les applications et Office 2013.

Comme déjà indiqué, Surface RT ne supportera qu’un sous ensemble des périphérique Windows. Enfin, pour l’entreprise, cette version ne supporte pas une administration centralisée reposant sur les politiques de groupes.

Surface professionnel

Il s’agit d’une version destinée à l’entreprise comme son nom l’indique.

Elle est capable de supporter toute application Windows et donc de servir d’outil hybride sans limitation. En contraste avec la version RT, Surface Pro ne sera pas dotée d’Office 2013.

Dans cette version, le bureau retrouve sa raison d’être qui est d’assurer une compatibilité presque parfaite avec le monde Windows (si l’on excepte l’absence du bouton « démarrer »).

Surface Pro sera livrée avec un stylet, son écran bénéficiera d’une meilleure définition (1920 x 1080 vs 1366 x 768). Elle sera dotée d’un port USB 3.0. A contrario, elle sera plus lourde, plus épaisse, plus chère et avec une autonomie plus réduite que la version RT. Enfin, contrairement à cette dernière elle s’intégrera parfaitement avec AD, System Center, …

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