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Lancement de la 4G : une offre limitée

Depuis fin novembre, quelques villes bénéficient de réseaux mobiles à très haut débit. Les différents opérateurs nationaux ont mis en place des offres spéciales. Mais il faudra être encore patient avant que l’hexagone ne soit couvert.

Un peu plus de quatre ans après l’arrivée en France de la téléphonie mobile de 3e génération (3G), les opérateurs ont officiellement lancé la 4G. Après la 2G avec le GSM et la 2,5 G avec le GPRS (General Packet Radio System), puis la 3G avec l’UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) et différents procédés permettant d’augmenter les débits et le nombre de canaux partagés, voici enfin le très haut débit mobile.

La 4G repose en Europe sur la technologie LTE (Long Term Evolution) qui délivre des débits numériques 2 fois supérieurs aux débits 3G, soit environ 45 Mb/s (débits réels) en descendant et 12 Mb/s en montant. Disponible en France, la 4G favorisera le développement d’usages professionnels.

Le calendrier de déploiement

Pour la 3G, SFR avait été le premier. Pour la 4G, c’est Orange qui a ouvert le bal le 21 novembre. L’opérateur historique propose la 4G aux professionnels à Lille, Nantes et Lyon. À noter que Marseille était déjà en test depuis le mois de juin. En avril 2013, les clients grand public pourront à leur tour profiter de l’Internet mobile à très haut débit dans ces métropoles et une dizaine d’autres. Selon Orange, sa couverture 4G devrait concerner entre 30 et 40 % de la population (et non pas le territoire, ce qui signifie en priorité les grandes agglomérations).

Sept jours plus tard, SFR a mis en place sa première offre commerciale à Lyon pour le grand public et les entreprises. Montpellier suivra le 18 décembre.

De son côté, Bouygues Telecom n’a pas encore de forfaits. Il a lancé un test à Lyon avant l’été et va cibler quelques points stratégiques parisiens comme le métro et des stations des lignes A et B du RER. L’opérateur annonce vouloir atteindre 170 stations couvertes en 2014 et une couverture complète en 2015.

Quant à Free, il n’a aucune offre ni information officielles sur le sujet même s’il a obtenu quelques hautes fréquences (2.600 MHz). Pour le quatrième opérateur, dans l’immédiat, l’idéal serait de pouvoir louer la 4G d’Orange.

Les offres disponibles

Orange propose une offre data (pas de voix, pas de SMS, pas de MMS mais le VoIP et le streaming sont autorisés) pour les entreprises. Ce forfait, appelé « Edition Spéciale 4G », donne accès à 15 Go pour 79 € HT/mois (engagement de 12 mois). Au-delà de 15 Go par mois, le débit sera réduit. Pour l’utiliser, l’opérateur ne propose pas encore de smartphones mais la tablette Samsung Galaxy Note 10.1 version 4G et la clé 4G E392 de Huaweï.

L’offre 4G de SFR s’articule autour de trois forfaits dont les tarifs varient de 49,99 €/mois (2 Go de données, 2 cartes SIM pour surfer sur une tablette avec le même forfait…) à 89,99 €/mois (6 Go, 2 cartes SIM…).

Les services

Ces premiers forfaits indiquent que les data seront privilégiés au détriment de la voix. Néanmoins, les communications vocales pourront passer par les réseaux IP (VoIP) via le canal de données. Cette technologie permettra de désengorger la bande passante réservée à la voix. Le Cloud Computing et les applications en ligne seront également favorisés.

Des obstacles à la 4G

Sur le papier, la 4G affiche quelques atouts intéressants. Mais pour l’instant, elle présente aussi de sérieux écueils.

Peu d’antennes 4G

Le premier obstacle à son déploiement national est le nombre limité d’antennes réseau compatibles avec la 4G. Alors qu’Orange et SFR disposent de 35 000 antennes 3G pour couvrir 98 % du territoire, il n’y aurait aujourd’hui que 622 pour la 4G en France, tous opérateurs confondus.

Deux raisons principales expliquent ce retard : des contraintes juridiques et des craintes des riverains.

Pour chaque nouvelle installation, il faut déposer une demande à l’Agence nationale des fréquences (ANFR), qui vérifie si les règlements sont respectés et si l’équilibre électromagnétique du réseau n’est pas menacé. Les mairies doivent aussi donner leur feu vert au regard des règles d’urbanisme.

De leur côté, les riverains craignent pour leur santé, un sujet très sensible pour les collectivités locales. Mais les impacts sanitaires des antennes-relais n’ont jamais été démontrés. « En l’état actuel des connaissances scientifiques, l’expertise nationale et internationale n’a pas identifié d’effets sanitaires à court ou à long terme, dus aux champs électromagnétiques émis par les antennes-relais », peut-on lire dans un document de novembre 2011 du Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

Même constat pour les smartphones. Depuis la première enquête publiée en 1996 en France, les rapports se sont multipliés à l’envi. Les informations objectives et sérieuses côtoient des études financées par des industriels et des opérateurs télécoms ou réalisées sans aucune démarche scientifique. Mais, aucune preuve irréfutable n’a démontré les impacts négatifs des communications mobiles sur la santé des possesseurs de portables et des personnes habitant près d’une antenne-relais. Par contre, de nombreuses suspicions obligent à suivre certaines recommandations pour réduire les risques : privilégier les kits mains libres sans fil, éviter de téléphoner si la réception est mauvaise (transports en commun, tunnels…), limiter l’usage du mobile si vous êtes enceinte, car les fœtus sont vulnérables aux rayonnements électromagnétiques…

Peu de smartphones compatibles 4G

Motorola RAZER HD

A la fin novembre 2012, SFR n’en proposait que deux : le Motorola Razr HD et du HTC One XL. Autre option : choisir une tablette Asus et une clé 4G Huawei. Cette offre limitée pourrait inciter de nombreuses entreprises à attendre que plusieurs terminaux compatibles soient commercialisés directement ou à travers les abonnements.

Des tarifs encore élevés

Les premiers forfaits 4G indiquent que les abonnements « illimités » 3G proposés à des prix abordables sont en voie de disparition. Comme aux États-Unis, la 4G sera chère.

Dans un article récent, le Président de la Fédération Française des Télécoms, Pierre Louette, déclarait : « je ne serai pas choqué par l’idée que la 4G soit vendue plus cher. Il est important de mettre des bornes à l’univers de la gratuité perçue : nos investissements et nos innovations ont une vraie valeur qu’il faut savoir maintenant monétiser », ce qui n’augure pas de baisse rapide du prix de ces nouveaux services.

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