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Faut-il migrer vers Windows 8 ?

Windows 8 désormais officiellement lancé se pose la question qui accompagne chaque nouvelle version de Windows : faut-il migrer vers Windows 8 et si oui à quel moment ? Cette question récurrente est d’autant plus aigüe que le nouveau Windows représente une véritable rupture et non pas une simple évolution à l’instar des versions qui l’ont précédées.

Un système unique pour tous les types de terminaux

Windows 8 n’est plus le système d’exploitation que des centaines de millions d’utilisateurs ont appris à maîtriser avec les années. Dans sa version pour processeurs Intel x86, le nouveau Windows représente un sur ensemble de Windows en ce sens où il constitue un système conçu avant tout pour une nouvelle génération d’applications tactiles, tout en étant en mesure de supporter les applications Windows « classiques ».

Windows 8 est conçu pour s’exécuter sur le PC, mais aussi les tablettes, les smartphones, les consoles de jeux et potentiellement tout système intégrant un processeur x86 ou ARM.

Ce choix d’une plateforme unifiée capable de s’adapter à tous les types de terminaux contraste avec l’approche d’Apple dont l’offre repose sur deux lignes de systèmes d’exploitation distincts : Mac OSX et iOS.

Le premier supporte les « PC » et portables d’Apple alors que le deuxième tourne sur ses terminaux mobiles iPhone et iPad. Même si la dernière version de Mac OS X implémente quelques évolutions inspirées d’iOS nous sommes toujours en présence de deux systèmes incompatibles.

Avec Windows 8, Microsoft a opté pour l’unification de ses systèmes (Windows, Windows CE) en développant une nouvelle plateforme appelée WinRT pour Windows Run Time.

Cette stratégie n’est pas sans évoquer le lancement de Windows XP en 2001 qui avait pour objectif d’unifier Windows 98, conçu pour le grand public, et le système professionnel Windows 2000 et ainsi aboutir à un seul système plus simple et moins couteux à maintenir et faire évoluer.


Un système hybride de transition

Si la stratégie de Microsoft consiste à faire de Windows 8 une plateforme unifiée conçue avant tout pour supporter les applications tactiles, il n’était pas possible pour autant de tirer un trait sur les centaines de millions d’utilisateurs de Windows en entreprise et dans une moindre mesure du grand public.

Microsoft a donc conçu Windows 8 pour prendre en compte « l’héritage » que représentent les applications développées pour les versions antérieures de Windows.

Outre une nouvelle interface de type « tablette », Windows 8 sur PC Intel x86 peut faire tourner le « bureau » bien connu des utilisateurs de Windows depuis Windows 95. Dans ce mode, Windows 8 pourra exécuter toutes les applications développées pour les versions antérieures de Windows : Office bien entendu mais aussi Photoshop, Sage, SAP, Firefox, … sans oublier les applications « métiers » développées par les entreprises. On aura donc sur une même machine x86, à la fois des applications avant tout tactiles et des applications Windows « classiques » qui vont tourner dans des « bureaux » très différents, d’où le caractère hybride du système.


Le « bureau » de Windows 8

Il faut également comprendre que la stratégie de Microsoft consiste à favoriser le développement exclusif d’applications pour son environnement « Modern UI » et donc que le support d’applications classiques n’est qu’une phase de transition.

Office 2013 par exemple inclut deux applications, OneNote et Lync, conçues nativement pour Windows 8 et on peut s’attendre à ce que la prochaine version d’Office (2015 ?) ne contienne que des applications natives Windows 8.

Microsoft poussera les éditeurs tierces parties à supporter activement Windows 8 et on peut imaginer que dans un horizon pas si lointain, les principales applications professionnelles soient disponibles dans une nouvelle version tactile.

En tout état de cause, Windows 8 apparaît bien comme un système de transition préfigurant un Windows 9 qui marginalisera encore plus le bureau et les applications Windows classiques.

Une interface initialement déstabilisante

Etant donné le caractère intrinsèquement hybride de Windows 8, les utilisateurs vont se trouver confrontés à un système comprenant deux bureaux très différents qui va les amener à naviguer fréquemment entre deux interfaces utilisateurs.

Faute de disposer de suffisamment d’applications natives Windows 8, la plupart des utilisateurs vont utiliser essentiellement l’ancien bureau bien que le nouvel écran d’accueil soit par défaut celui de Windows 8. Qui plus est, la décision controversée de Microsoft de supprimer le bouton démarrer dans le bureau Windows va obliger les utilisateurs à naviguer différemment y compris dans le mode de compatibilité. Même s’il est possible sans trop de difficultés de remédier à ce changement, nul doute que les utilisateurs seront initialement désorientés et auront besoin d’un temps d’adaptation pour maîtriser ce nouvel environnement.

Un système conçu pour le tactile

Bien qu’il soit relativement aisé de naviguer dans Windows 8 via le clavier et la souris, il n’en reste pas moins que les bénéfices de la nouvelle interface n’apparaissent clairement que si l’on dispose d’un écran tactile. Sur une tablette Windows 8, l’emploi des deux mains sur les côtés gauche et droit donne accès aux boutons permettant d’accéder aux principales fonctions naturellement.

Rien de tel sur un PC classique sauf à s’équiper d’un nouveau trackpad pour émuler ces commandes.

La très grande majorité du parc installé, en entreprise comme dans le grand public, étant dépourvu d’écrans tactiles, ces PC ne bénéficieront pas des avantages de la nouvelle interface Windows 8.

Windows 8 uniquement pour le grand public ?

En dépit d’une orientation résolument « grand public », il serait faux d’en déduire que Windows 8 n’apporte aucune nouveauté destinée aux entreprises.

Avec Windows 8, le démarrage du système est significativement amélioré à caractéristiques matérielles inchangées. Il faut beaucoup moins de temps pour démarrer un PC à froid, l’occupation mémoire est réduite et la performance des applications même « classiques » s’en trouve affectée.

Windows 8 intègre une protection complète du système, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter un anti-virus de Microsoft ou en provenance d’une tierce partie.

Le bureau Windows bénéficie d’évolutions avec un nouvel explorateur et un gestionnaire de tâches amélioré.

En cas de dégradation du système, Windows 8 peut se réinitialiser rapidement, bien que les applications « classiques » doivent être réinstallées.

On trouve également de nombreux outils bienvenus comme « Windows To Go » (dans l’édition Entreprise) qui permet de stocker sur une clé USB l’environnement complet de l’utilisateur pour travailler sur un PC anonyme. Notons également dans cette édition, BitLocker To Go (encryption de données pour les périphériques amovibles), ou encore l’intégration d’Hyper V 3.0.

Une migration qui peut attendre

Notons enfin que si selon Microsoft, trois ans après son lancement Windows 7 est désormais déployé dans 50 % des entreprises, beaucoup reste à faire pour celles qui sont restées sous Windows XP dont le support expire en 2014.

Il est peu probable que les entreprises qui viennent d’investir dans cette migration soient disposées à réinvestir à nouveau pour migrer vers une nouvelle version de Windows dont les bénéfices n’apparaissent pas clairement faute d’applications natives sans oublier l’absence du hardware nécessaire pour tirer avantage de sa nouvelle interface.

Conscient de ces limitations, Microsoft a d’ailleurs annoncé, comme il le fait généralement, que les entreprises seraient autorisées à continuer le déploiement de Windows 7 sur leurs nouveaux PC.

A contrario, la plupart des nouveaux PC qui seront commercialisés dans les mois qui viennent seront équipés d’écrans tactiles qu’il sera de plus en plus tentant de vouloir utiliser.

Windows 8 de son côté va rapidement évoluer pour corriger les bugs, affiner l’interface et apporter de nouvelles fonctions. Windows 8 étant un système conçu pour l’ère du cloud, ses évolutions seront beaucoup plus fréquentes et il ne faudra pas attendre trois ans pour une nouvelle version, ni même plusieurs mois pour qu’un service pack vienne apporter de nombreux changements.

Si les applications natives Windows 8 font aujourd’hui défaut, Microsoft est connu pour sa capacité à motiver ses armées de développeurs tierces parties. Les applications Windows 8 étant capables de supporter à la fois les PC x86, les tablettes ARM comme le nouveau portable/tablette Surface, sans oublier moyennant quelques ajustements les smartphones Windows Phone 8, il est probable qu’il ne faudra que quelque mois pour assister à une arrivée massive d’applications en provenance des programmes classiques Windows mais aussi des applications iOS et Android.

Pour les DSI qui cherchent à garder sous contrôle le phénomène BYOD, la promesse d’un contrôle effectif sur tous les dispositifs Windows les incitera dans un premier temps à favoriser l’usage de terminaux Windows 8 (tablettes et smartphones) et ainsi se familiariser graduellement à ce système pour commencer à déployer des PC Windows 8 sans nécessairement les rétrograder sous Windows 7.

Reste que cette évolution prendra du temps. Beaucoup d’entreprises testeront progressivement Windows 8 pour se préparer progressivement à une nouvelle migration d’envergure qui attendra vraisemblablement Windows 9.

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