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Comment diminuer la consommation électrique des dispositifs électroniques et bureautiques ?

La consommation d’électricité en provenance des appareils électroménagers et des gadgets électroniques a presque doublé en 30 ans pour représenter 31 % de l’électricité utilisée. Les appareils « gloutons » n’étant pas toujours ceux que l’on croit…

En moyenne, chaque foyer d’un pays développé dispose de vingt appareils (machine à laver, réfrigérateur, téléviseur…) connectés 24 h sur 24 au secteur. Ces appareils représentent une consommation permanente comprise entre 150 W et 250 W.

Avec la généralisation de la micro-informatique et des terminaux mobiles (tablettes et smartphones notamment) à domicile comme dans les entreprises, cette consommation n’a pas diminué, bien au contraire.

Même en veille, un ordinateur, un NAS (Network Attached Storage, serveur de stockage en réseau) ou une console de jeu vidéo consomme quelques Watts !

L’arrivée ces dernières années de nouveaux appareils n’a pas permis de réduire cette empreinte énergétique. Selon une étude américaine, la consommation d’énergie moyenne des décodeurs et magnétoscopes numériques HD (environ 440 kWh par an) est supérieure à celle d’un réfrigérateur et plus du double de celle d’un téléviseur allumé cinq heures par jour ou d’un PC allumé huit heures par jour.

Ce dernier n’est pourtant pas une référence. Dans un PC, la carte mère et la carte graphique sont les composants qui consomment le plus. À eux deux, ils sont responsables de la moitié de la consommation totale du micro-ordinateur (entre 100 et 120 W) ! Les amateurs de jeux vidéo sur ordinateur voient leur facture grimper car la consommation s’envole pour atteindre entre 250 et 300 W ! Un PC d’entrée de gamme consomme moins qu’un modèle haut de gamme équipé de composants très performants (processeur, carte graphique 3D, alimentation supérieure à 700 W…) mais aussi énergivores.

La multiplication des PC équipés de bi-écrans participent également à l’augmentation de la consommation électrique dans les entreprises.


Windows 8 intègrera d’ailleurs des fonctionnalités d’économie d’énergie allant jusqu’à 30% par rapport aux versions précédentes de l’OS, grâce à la mise en veille des applications ouvertes mais non utilisées.

Une veille trop consommatrice

Contrairement à une idée reçue, la mise en veille – nécessaire mais pas suffisante – n’est pas synonyme d’économies d’énergie importantes.

En octobre 2007, le mensuel 60 Millions de consommateurs avait mis à l’index les fabricants des box internet dont le mode veille était trop glouton. Selon les calculs de la revue, la consommation électrique totale de ces boitiers représentait 1,5 milliard de kWh par an, soit l’équivalent de deux mois de production d’un réacteur nucléaire.

Mais les FAI et les fabricants des box ne sont pas les seuls coupables. Beaucoup d’imprimantes jet d’encre affichent plus de 4 W en mode veille. En fonctionnement, elles consomment entre 60 et 130 W ce qui est peu en comparaison des modèles laser qui peuvent monter jusqu’à 800 W.

La situation ne s’est pas améliorée depuis 2007. Le mode veille représenterait encore entre 5 à 10 % de la consommation électrique totale des foyers et serait responsable d’environ 1 % des émissions mondiales de CO2.

Devant ce constat, il convient d’informer plus précisément le grand public et de le sensibiliser afin qu’il change de comportement. Mais il faudra certainement plusieurs années pour relever ce défi comme le montre l’exemple des consoles de jeu vidéo…


Une étude menée outre-Atlantique estime en effet que la consommation d’électricité de ces consoles a augmenté de 50 % entre 2007 et 2010. Elle représente aujourd’hui environ 1 % de l’électricité domestique. Selon une autre enquête américaine, la moitié des utilisateurs la laissent allumée 24 heures sur 24, soit une consommation annuelle inutile d’environ 16 millions de MWh par an.

Le plus regrettable est que 68 % de l’électricité est consommée pendant les phases où l’appareil n’est pas utilisé. Une fonction de mise en veille automatique existe pourtant sur la plupart de console de jeu, mais elle est rarement activée par défaut par les fabricants (sauf pour la dernière version de la Xbox).

Rappelons l’existence du label EnergyStar qui s’applique aux équipements informatiques et bureautiques (PC, Serveurs, Ecrans, imprimantes…) qui permettent la mise en veille desdits dispositifs en assurant une consommation réduite.

A l’heure où la diminution de la consommation électrique devient un critère prioritaire lors de la création d’un Datacenter, des efforts importants restent à faire au niveau des périphériques au sein des entreprises, les postes de travail et écrans représentent en moyenne 40% de la facture électrique liée à l’IT.

Des solutions pratiques

Outre la mise en veille programmable sur tous les équipements (mais pas forcément correctement paramétrés en usine ou lors du déploiement) d’autres solutions sont rapidement applicables et à moindre coût pour diminuer la facture.

Il existe deux solutions simples et faciles à mettre en place pour réduire la consommation des appareils en veille.

La première consiste à utiliser des multiprises maitre-esclave. Un écran plat est raccordé à la prise maitresse et les autres équipements (lecteur DVD, console…) sont branchés sur les prises secondaires. Dès que le téléviseur est en mode veille, les autres équipements sont « débranchés » totalement.

La seconde solution est proposée par la société française Ecoprise. La prise est munie d’un programmateur qui se matérialise par deux molettes. La première permet de régler l’allumage des appareils électroniques connectés et la seconde de configurer l’extinction automatique. Il existe un modèle destiné aux entreprises et administrations qui coupe par défaut le courant du vendredi minuit au dimanche minuit (on peut modifier ce paramètre) et les jours fériés (en option).


Selon Ecoprise, qui propose un simulateur sur son site, l’extinction automatique de 4 appareils électroniques (une box ADSL, un chargeur de téléphone, une télévision et un ordinateur de bureau) tous les jours de 23 heures à 7 heures du matin économiserait 65 € et 0,74 tonne d’équivalent CO2 sur 3 ans.

Pour les plus grands parcs

Pour les parcs informatiques comportant plusieurs dizaines de postes de travail et serveurs, un audit « en profondeur » peut être réalisé pour identifier les sources d’économies potentielles qui pourra être complété par l’utilisation de solutions de monitoring et d’analyse en temps réel des sources de gaspillage (Power Management).

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