Articles IT et Télécoms

Microsoft Surface et Windows Phone 8 : les deux offres « mobilité » de Microsoft pour compléter le lancement de Windows 8

Microsoft doit faire face à la menace la plus sérieuse qu’il ait jamais dû affronter en près de 40 ans d’existence. Leader incontesté du PC qu’il a contribué à créer avec Intel, l’éditeur voit ce standard lentement mais sûrement érodé par l’engouement du public pour les smartphones et tablettes ne devant rien à Windows. L’annonce de Surface et de Windows Phone 8 représente la réponse de Microsoft visant à reconquérir ces utilisateurs.

Microsoft Surface

Annoncé en juin dernier à la surprise générale, Surface a pour ambition de proposer un appareil réalisant la meilleure synthèse possible entre matériel et logiciel (Windows 8), de façon similaire à ce que propose Apple avec ses MacBooks. Il s’agit pour Microsoft d’illustrer le potentiel de son nouveau système en fabriquant un appareil débarrassé des scories qui accompagnent généralement les machines produites par ses OEMs.

Il est inhabituel pour Microsoft de garder secret un projet aussi important que Surface. C’est pourtant ce que l’éditeur a réalisé avec son annonce qui a pris de court tous les observateurs et ses partenaires au premier rang desquels les constructeurs de PC.

En développement depuis trois ans, Surface a fait l’objet d’une gestation mûrement réfléchie qui se manifeste par des innovations qui tranchent avec ce qu’ont montré jusqu’ici ses principaux partenaires mais également de façon plus surprenante avec les produits d’Apple.

A titre d’exemple, on notera la protection de Surface faisant habilement office de clavier ainsi que la présence d’un cavalier au dos de l’appareil permettant de poser la tablette au bon angle pour visualiser du contenu tout comme pour faire de la saisie.

L’offre Microsoft Surface consiste non pas dans une mais dans deux tablettes, la première reposant sur un processeur Intel et l’autre sur un matériel ARM, chacune visant une cible bien identifiée.

Toutes deux sont basées sur un écran de 10,6 pouces.

Si la version ARM intègrera Office 2013 en standard, une connectique MicroSD et USB 2.0, la version Intel sera plus épaisse, un peu plus lourde et supportera USB 3.0 ainsi qu’un connecteur vidéo Mini DisplayPort. La version ARM sera disponible en versions 32 et 64 Gbts, la tablette Intel en deux déclinaisons de 64 et 128 Gbts.

La tablette incorporant un processeur Intel s’adresse au marché professionnel, c’est-à-dire aux entreprises comme aux particuliers qui ont besoin de s’appuyer sur la logithèque Windows. La particularité de ces tablettes étant de pouvoir passer instantanément du mode tablette au mode « desktop » et vice versa.

Dans ce dernier mode, l’utilisateur retrouve l’environnement Windows et est donc en mesure de faire tourner chaque application Windows « classique », y compris bien sûr les applications métiers dont il a besoin pour faire son travail. A tout moment, l’utilisateur peut basculer en mode tablette et ainsi profiter d’un outil ludique doté de la nouvelle interface Windows 8 appelée Metro et supportant les mêmes applications que celles qui font le succès des tablettes d’Apple.

La version ARM s’adresse elle avant tout au grand public et vise le même marché que l’iPad ou les tablettes produites par Samsung et basées sur Android.

La caractéristique la plus remarquée de ces deux tablettes est d’être produites et commercialisées par Microsoft lui-même. Si l’on met de côté la Xbox ou les périphériques de type souris et clavier fabriqués depuis des années par l’éditeur, c’est la première fois que Microsoft se risque à produire ses propres machines imitant en cela Apple mais aussi Google.

Cette nouvelle activité ne va pas sans grincement de dents de la part des partenaires OEMs de Microsoft (HP, Asus, Acer, …) et beaucoup s’interrogent sur les risques qu’entraîne cette décision.

Heureusement pour Microsoft, le fait que les tablettes Intel soient compatibles avec Windows a pour conséquence que les OEMs ne pourront pas facilement se détourner d’une plateforme sur laquelle repose l’essentiel de leur activité.

Apple ne licenciant pas iOS et Android ayant enregistré un succès limité sur ce marché, Microsoft peut se permettre de lancer un nouveau type de machine ne serait-ce que pour mettre la pression sur ses partenaires en les forçant à innover ou à baisser leur prix de façon à favoriser les ventes de Windows 8.

A la suite de cette annonce, beaucoup de questions restent pourtant sans réponse. La date de disponibilité, le prix, les caractéristiques précises de ces machines comme la durée de vie de la batterie ne sont pas connues à ce jour. A défaut d’éléments précis et faute de disposer de tablettes finalisées il est difficile de se prononcer sur leur succès.

Windows Phone 8


La deuxième annonce concerne Windows Phone.

Après avoir ciblé les consommateurs avec Windows Phone 7, la version 8 s’adresse cette fois ci clairement aux entreprises.

Windows Phone 8 est essentiellement une version du nouveau Windows adaptée au Smartphone.

Basé sur le noyau Windows 8 et non plus Windows CE, Windows Phone 8 hérite des technologies systèmes sur lesquelles Microsoft a assis son succès en entreprise : noyau NT, pile réseau, sécurité étendue, interfaces de management centralisé, pilotes de périphériques communs, services système, navigateur Internet Explorer …

Ces technologies sont bien connues des administrateurs systèmes et du support technique des entreprises ayant adopté Windows.

Windows Phone 8 sera doté d’un jeu d’APIs très proche des interfaces de Windows 8, le but affiché étant de faciliter le portage des applications d’un système à l’autre.

En proposant une nouvelle version de Windows Phone compatible avec les habitudes des entreprises, Microsoft espère faire en sorte que les sociétés adoptent une plateforme familière plutôt que de standardiser sur iOS ou Android ce qui nécessite de développer de nouvelles compétences et des outils d’administration supplémentaires.

Parmi les caractéristiques de Windows Phone 8 on notera :

  • Support de cartes Micro-SD formatées en NTFS permettant le transfert de fichiers d’un PC à un Smartphone
  • Chiffrage de données basé sur BitLocker portant sur la mémoire interne comme sur les cartes d’extension Micro-SD
  • Secure Boot : protection anti root-kit avant le chargement de l’OS
  • Office 2013
  • Gestion des appareils : Capacités proches d’AD et des GP
  • Déploiement d’applications internes sans passer par le Microsoft Store
  • Interface utilisateur similaire avec Windows 8 et tablettes Windows RT et accès aux mêmes services Skydrive
  • Support de processeurs multi cœurs, écrans HD, NFC, Wallett

Un pari stratégique risqué

Ces deux annonces constituent un tournant dans l’histoire de Microsoft.

Microsoft Surface et Windows Phone 8 s’inscrivent dans le cadre du lancement imminent de Windows 8. Ces deux produits sont destinés à accompagner la sortie de la nouvelle version de Windows et ont pour objectif de permettre à l’éditeur de regagner le terrain concédé à Apple et Google sur le terrain des smartphones et des tablettes.

Pris de court par le succès de l’iPhone et d’Android, l’éditeur adopte une nouvelle stratégie visant à s’appuyer sur sa base installée pour essayer d’imposer une interface (Metro) et un modèle de développement commun (Windows RT) couvrant l’ensemble des appareils du marché, du Smartphone jusqu’au serveur en passant par le PC et la tablette.

Microsoft espère notamment que les utilisateurs, une fois familiarisés avec Metro, se tourneront plus facilement vers Windows Phone 8.

S’agissant des tablettes, l’éditeur fait le pari que les entreprises seront séduites par Windows 8 capable non seulement de supporter une interface n’ayant rien à envier à l’ergonomie de l’iPad mais pouvant de plus exécuter les applications de production sur lesquelles repose leur activité.

Contrairement à l’offre d’Apple ainsi qu’aux nombreuses tablettes basées sur Android, la future tablette hybride de Microsoft, mi-PC et mi-tablette, intégrera l’ensemble des outils qui permettent aujourd’hui aux entreprises de sécuriser et de gérer leur flotte de PC de façon centralisée.

Pour les tablettes à base de processeur ARM, Microsoft espère capitaliser sur Office en intégrant sa suite bureautique avec chaque version de son système.

Rien ne dit que Microsoft gagnera son pari et qu’il sera en mesure d’imposer un nouveau standard avec Windows 8. Il n’en reste pas moins que l’éditeur aura su prendre le risque de se renouveler profondément pour éviter de glisser lentement mais sûrement dans l’obsolescence.

Les mois à venir qui verront l’introduction sur le marché de ces différents produits permettront de commencer à savoir si ce pari a des chances d’être gagné.

Advertisements

Discussion

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :