Articles IT et Télécoms

Les tablettes remplaceront-elles le téléphone de bureau ?

En devenant de plus en plus performantes, les tablettes séduisent les salariés qui n’hésitent plus à emmener leur propre modèle au bureau. Si on ajoute à cette tendance les solutions dites de « communication unifiées » ainsi que les outils permettant de mieux gérer le parc des appareils mobiles, l’ensemble de ces évolutions pourraient à terme amener les entreprises à reconsidérer la raison d’être des téléphones fixes au profit des tablettes.

La tablette : un outil de travail…personnel

BYOD. Importé des États-Unis, cet acronyme désigne une tendance très forte. Le « Bring Your Own Device » (littéralement «apportez votre propre appareil») fait référence aux soirées où chacun apporte sa bouteille ou un plat. Rapportée à l’entreprise et aux nouvelles technologies, cette expression souligne la propension des salariés à apporter sur leur lieu de travail leur propre ordinateur portable, leur smartphone ou leur tablette. Ce phénomène dit de « consumérisation » devrait s’accentuer dans les prochaines années avec l’intérêt grandissant des salariés pour les tablettes.

Des appareils performants

Les plus récents modèles affichent des caractéristiques techniques séduisantes : processeur puissant (cadencé à 1.4 GHz et double cœur), de 16 à 64 Go de mémoire interne, 1 Go de mémoire RAM, différentes connexions dont le Wi-Fi de dernière génération et l’USB 2.0 et l’ajout de carte mémoire microSD (jusqu’à 32 GB). Cette dernière option ne vaut que sur les tablettes sous Android puisque l’iPad d’Apple n’accepte aucun ajout.

Même si elles ne peuvent prétendre concurrencer les ordinateurs portables, les tablettes apparaissent comme des appareils suffisamment performants pour remplir correctement les principales tâches de nombreux salariés : gestion des emails, accès aux réseaux sociaux, travail collaboratif, etc.

Les géants de l’informatique proposent aussi des tablettes configurées pour un usage professionnel. C’est le cas de la Cisco
Cius (en photo ci-dessous), qui devient un téléphone IP haut de gamme une fois connectée sur un dock spécifique. Complété par un écran, un clavier et une souris, il se transforme à son tour en poste de travail VDI.


De son côté, Lenovo propose la ThinkPad Tablet. Il s’agit d’un terminal sous Android 3.1 sur laquelle sont préinstallés un outil de lecture et de modification de fichiers Office (Documents to Go de DataViz), un outil de connectivité, ou encore, une solution de chiffrement des données et de gestion des mots de passe.

Il y a même des signes de convergence entre le téléphone de bureau et de la tablette avec la commercialisation du PadFone ASUS. Il s’agit d’un produit atypique puisqu’il combine tablette, téléphone et netbook en un seul appareil. Mais ce modèle ne devrait pas être en vente en Europe avant 2013, car le fabricant n’arrive pas à répondre à la forte demande en Asie…


Le nomadisme étant très répandu, les tablettes commencent à proposer de la visioconférence. Les applications se calquent sur les équivalents pour PC, avec toutefois quelques limitations. Ainsi, pour la conférence vidéo, il n’est pas toujours possible d’afficher simultanément plusieurs utilisateurs. De plus, le partage d’écran ou le transfert de fichiers est généralement monodirectionnel : des PC vers les tablettes et smartphones, et non l’inverse.

L’adoption progressive des communications unifiées

L’unification, ou convergence, des réseaux informatiques et télécoms est un processus en cours de réalisation qui débouchera dans les prochaines années sur une véritable révolution dans la communication en entreprise. La convergence en cours des deux réseaux historiquement séparés que sont l’infrastructure télécom et l’informatique découle de la généralisation du protocole IP.

Avec le développement de la VoIP (voix sur IP), de plus en plus d’entreprises mettent en place des solutions de communication unifiées (CU). Téléphoner en passant par le web réduit le coût des appels. Avec la multiplication des tablettes, les salariés profitent des avantages de la vidéoconférence, de la messagerie unifiée et des technologies XML et VXML qui facilitent l’intégration dans les applications métiers.

De plus en plus d’applications « tablettes » permettent de profiter des CU. C’est le cas de My Instant Communicator for iPad.Développée par la société allemande Xnet pour le compte d’Alcatel Lucent, cette application téléchargeable via l’AppStore permet de disposer sur son terminal des principales fonctionnalités de communication unifiées: présence, messagerie instantanée et vidéo-conférence…


De son côté, Cisco (sous la bannière Jabber, entreprise rachetée en 2008) a unifié les différentes applications clientes, aujourd’hui disparates, donnant accès à partir de terminaux distincts (Mac, PC, smartphones) à ses différents services et technologies de communications unifiées.

Ces solutions permettent ainsi aux responsables informatiques de répondre aux attentes des employés souhaitant utiliser leur tablette.

Un meilleur contrôle des appareils mobiles

Devant la multiplication des terminaux mobiles se connectant au réseau interne ou externe, les responsables de la sécurité informatique mettent en place des applications de Mobile Device Management (MDM). Elle permet le contrôle d’une flotte d’appareils hétérogènes.

Parmi les différentes fonctionnalités, il y a les mises à jour des téléphones et tablettes à distance, la prise de contrôle à distance pour dépanner les utilisateurs et la gestion de l’inventaire.

L’arrivée de la 4G

Les réseaux mobiles à très haut débit se multiplient dans le monde. En France, quelques grandes villes (dont Marseille, Lyon et Montpellier) commencent à déployer des antennes.

L’opérateur historique et ses deux concurrents directs, SFR et Bouygues Télécom, annoncent la commercialisation d’offres d’ici l’été 2013. Les vitesses de connexion élevées faciliteront l’accès aux serveurs des entreprises. Mais l’augmentation du nombre de tablettes se connectant à la 4G pourrait entraîner une saturation. Cette situation inciterait les FAI à remettre en cause l’illimité, tant sur mobiles que sur liaisons fixes…

Le développement du télétravail

Moins de temps perdu dans les transports, moins de stress pour les salariés : le télétravail est parfois présenté comme une solution d’avenir. Ce mode se développe lentement en France où il ne représente que 10 % des employés. L’arrivée de la 4G, de la fibre optique et de nouvelles tablettes devrait favoriser le télétravail et permettre à l’hexagone de se rapprocher des taux relevés dans l’Union européenne (18 % en moyenne).

Mis bout à bout, ces différents facteurs concourent à la remise en question du rôle du téléphone fixe.

Ce dernier est sans doute l’outil de travail ayant le moins évolué au cours des vingt dernières années. Son utilisation complexe, son caractère inamovible et impersonnel contrastent d’autant plus avec l’ergonomie, la mobilité et la richesse applicative des tablettes que les collaborateurs adoptent avec enthousiasme.

De là à penser que le téléphone fixe à ses jours comptés il n’y a qu’un pas que certaines entreprises ne manqueront pas de franchir à court ou moyen terme.

Publicités

Discussion

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :