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Windows Server 8, un système prêt pour le Cloud

Si Windows 8 a fait l’objet des gros titres de la presse lors de sa présentation en septembre dernier, Windows Server 8 représente pourtant la face immergée de l’iceberg. De par l’étendue des nouveautés annoncées, Windows Server 8 constitue sans aucun doute la version de Windows Server la plus ambitieuse depuis Windows Server 2000. Etat des lieux des principales nouveautés.

Microsoft présente Windows Server 8 comme un système d’exploitation conçu pour le cloud, c’est-à-dire permettant la construction de cloud privés mais autorisant également la mise en œuvre d’infrastructures hybrides reposant sur des ressources internes comme externes à l’entreprise.

S’inspirant de son offre de cloud public Azure, l’éditeur se targue d’avoir intégré à Windows Server 8 l’expérience acquise dans la gestion automatisée de ses propres Datacenters. Ce nouveau système est donc conçu pour une exploitation automatisée de fermes de serveurs supportant un nombre très important de machines virtuelles. Il n’en reste pas moins intéressant pour des infrastructures de taille modeste.

Windows Server 8 consiste en un ensemble de services destinés à la mise en place et à la gestion d’infrastructures de type cloud privé. Cette future version se caractérise par une augmentation très importante de sa capacité à monter en charge dans les domaines de la virtualisation, du réseau, du clustering, du stockage et de la sécurité.

C’est sans doute dans les domaines du management et de la virtualisation que les évolutions sont les plus significatives.

Une refonte complète de l’administration des serveurs

Windows Server 8 se caractérise par une nouvelle approche de la supervision.

On relèvera de façon un peu anecdotique que  le nouveau « Server Manager » est inspiré de l’interface Metro, caractéristique des nouvelles applications Windows 8. Plus significativement, il est important de comprendre que cet outil ne représente au fond qu’une couche graphique reposant sur l’environnement PowerShell.

Le nouveau Server Manager de Windows Server 8

Chaque commande lancée via le Server Manager de Windows Server 8 est traduite sous la forme d’un script PowerShell exécuté soit sur le serveur local, soit sur toute machine ou groupe de machines distante. Ces commandes PowerShell pourront facilement être copiées par l’administrateur avant d’être modifiées pour automatiser des tâches spécifiques.

PowerShell intègre près de 2 000 nouvelles commandes permettant d’automatiser la plupart des tâches d’administration. A titre d’exemple de la puissance de ce langage, PowerShell permet en une seule commande de migrer plusieurs machines virtuelles.

Windows Server 2008 avait introduit le mode « Server Core » qui a pour objet de déployer des serveurs aussi dépouillés que possibles et notamment dépourvus d’une couche d’interface graphique.

En s’affranchissant d’outils comme l’explorateur ou Internet Explorer, ce mode présente l’intérêt d’hériter d’une surface d’attaque réduite, offrant ainsi un degré de sécurité plus important et nécessitant moins de patchs. Ses limitations touchaient aux restrictions concernant les rôles supportés et à l’impossibilité de le faire évoluer si nécessaire, sauf à tout réinstaller. L’absence d’un outil de type « Server Manager » en faisait également un environnement difficile à administrer pour qui n’est pas familier de PowerShell.

Si les déploiements en mode « Server Core » n’ont pas connu un grand succès pour les raisons rappelées ci-dessus, il est important de savoir que ce mode est désormais le mode par défaut de toute nouvelle installation de Windows Server 8.

Contrairement aux versions antérieures, le nouveau « Server Core » peut être doté d’une interface graphique afin de faciliter son paramétrage et son installation, quitte à désinstaller cette interface une fois la machine configurée, cette opération ne nécessitant pas de réinstallation. Ce mode peut désormais supporter SQL Server.

Contrairement aux versions précédentes de Windows Server, le « Server Manager » de Windows Server 8 est conçu pour gérer un groupe de serveurs tout aussi facilement qu’un serveur isolé. Il est ainsi aisé de définir un groupe de serveurs sur lequel on pourra lancer une ou plusieurs tâches. Qui plus est, ces commandes pourront s’appliquer sur des ressources internes tout comme sur des ressources hébergées dans un Cloud privé ou public.

Selon Microsoft, la nouvelle façon d’administrer son infrastructure réseau repose sur l’exécution de commandes PowerShell s’exécutant à distance sur tout ou partie des serveurs « Core » d’un Datacenter.

Hyper-V 3 : la bonne version ?

Une tradition tenace veut que Microsoft doive attendre la version 3 d’un produit pour finalement rencontrer le succès. Ce qui a été vrai de Windows par exemple le sera-t-il d’Hyper-V ?

A en juger par ses caractéristiques, la version 3 d’Hyper-V intégrée dans Windows Server 8 fait mieux que de rattraper son grand rival vSphere de VMware.

En termes de capacité à monter en charge, les évolutions sont impressionnantes. Une machine hôte sous Hyper-V 3.0 sera en mesure de supporter 160 processeurs et jusqu’à 2TB de RAM. Chaque machine virtuelle pourra de son côté utiliser 32 processeurs virtuels et exploiter 512 GB de mémoire vive. Hyper-V 3.0 introduit un nouveau format VHDX supportant des fichiers pouvant aller jusqu’à 16TB. Il n’existe pas de limites autres que physiques au nombre de machines virtuelles pouvant tourner sur un serveur hôte.

Bien que la version courante d’Hyper-V 2.0 ait fini par apporter la capacité de migrer une machine virtuelle à chaud, le service Live Migration de Microsoft ne supportait le déplacement que d’une seule machine à la fois, contrairement à vMotion de VMware.

Tout comme son concurrent, Hyper-V 3.0 sera capable de gérer le déplacement de multiples machines virtuelles tout en déplaçant simultanément les ressources de stockage utilisées par ces machines (configuration, disque virtuel et snapshots).

Contrairement à VMware pourtant, la migration de machines virtuelles et des capacités de stockage ne nécessitera pas la présence d’une ressource de stockage partagée de type SAN. Il suffira d’une connexion réseau entre deux serveurs pour déplacer ces éléments.

La suppression de cette contrainte permettra de réaliser des économies substantielles pour les entreprises n’ayant pas déployé de SAN. Live Migration permettra par exemple de déplacer les machines virtuelles en cours d’exécution sur un ou plusieurs hôtes avant de patcher ou d’upgrader ces serveurs. Une fois ces opérations de maintenance effectuées, il suffira de redémarrer, de rapatrier l’exécution des machines virtuelles déplacées, le tout sans avoir généré d’interruption de service.

Sur le plan réseau, Hyper-V 3.0 met à jour son commutateur virtuel en permettant de définir une bande passante minimum ou maximum garantie. Ce commutateur est extensible via une API permettant de capturer et de filtrer les paquets de données. Hyper-V 3.0 permettra également d’appairer plusieurs cartes réseau, de la même façon que VMware aujourd’hui.

Plus fondamentalement, les nouvelles caractéristiques d’Hyper-V 3.0 vont lui permettre de faire jeu égal voire d’aller plus loin que VMware dans certains domaines. Le fait qu’Hyper-V soit intégré à Windows Server 8 et donc que son utilisation n’entraîne pas de coûts de licence supplémentaires va certainement permettre à Microsoft de combler l’écart qui le sépare de son concurrent en termes de parts de marché.

La virtualisation est vue par Microsoft comme étant une étape dans le processus qui conduit chaque entreprise à optimiser son infrastructure réseau et non pas comme une destination. Le but selon l’éditeur est représenté par le cloud, privé comme public. Microsoft a une vision hybride du cloud (privé, public) et compte multiplier les passerelles permettant aux entreprises de mixer les différents styles de cloud en fonction de leur historique et de leur stratégie.

Déduplication comprise

Windows Server 8 apporte un grand nombre de services additionnels et la place nous manque pour tous les couvrir.

Citons une capacité à monter en charge accrue grâce à des clusters supportant jusqu’à 63 nœuds et 4 000 machines virtuelles. Notons également la facilité de mise en place de répliques asynchrones permettant de copier en continu un ensemble de machines virtuelles vers un site de secours.

Autre avancée importante, la déduplication à tous les niveaux sans nécessiter de SAN. Qu’il s’agisse de la mémoire vive (chaque machine virtuelle s’appuie sur un OS et des applications dont les fichiers peuvent être partagés) ou des disques : les blocks disque peuvent être partagés entre plusieurs fichiers. Selon les scénarios, Microsoft promet des réductions d’espace disque allant de 30 à 90 %, comme dans le cas d’un serveur VDI où l’éditeur se propose de gagner jusqu’à 96 %.

Disponibilité

La version présentée lors de la conférence Build qui s’est tenue en septembre représente une pré version destinée aux développeurs. Une beta officielle devrait suivre, sans doute au début de 2012 menant à son tour à une version finale quelques mois plus tard. La version préliminaire de Windows Server 8 est disponible aux abonnés MSDN.

Windows Server 8 est un nom de code pour le successeur de Windows Server 2008 R2, la dénomination finale étant susceptible de changer.

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