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Téléphonie mobile : ce qu’apportera la 4G

Déployée à grande échelle à partir de 2013, cette technologie permettra de désengorger les réseaux mobiles. L’augmentation attendue du débit des transmissions aura également pour conséquence l’apparition de nouveaux services.

Une vingtaine d’années après l’apparition de la norme GSM, le monde des télécoms s’apprête à connaitre une nouvelle évolution majeure avec le déploiement à venir de la 4G.

Pour se convaincre de l’importance des enjeux, rappelons qu’en juillet dernier, Apple, RIM (BlackBerry) et Microsoft s’alliaient avec d’autres constructeurs, pour acquérir les brevets de l’équipementier Nortel. Ces trois sociétés se portaient acquéreur d’environ 6 000 brevets, portant notamment sur la 4G, pour la somme de 3,2 milliards d’euros.

Pour ces entreprises, ces titres de propriété constituent des atouts majeurs au moment où la 4G commence à être déployée et où les mobiles (smartphones et tablettes confondus) s’imposent de plus en plus comme une alternative au PC.

Annoncée depuis de nombreuses années, la 4G (pour quatrième génération) succède aux réseaux 3G dont l’usage est en train de se généraliser au sein du grand public. Ce qu’on appelle la 4G consiste en un ensemble de spécifications techniques utilisées par les opérateurs (SFR, Orange, Bouygues et bientôt Free) pour gérer les flux de données à destination des terminaux mobiles (PC portables, Smartphones et tablettes).

La 4G est parée de nombreux attraits, son atout principal consistant dans la rapidité des accès. En théorie, elle permet de recevoir des données à un débit d’environ 100 Mbit/s, trois ou quatre fois plus rapidement donc qu’avec la 3G.

En pratique, la vitesse de connexion devrait être de 40 Mb/s. On devrait donc atteindre des débits proches de ceux disponibles dans le fixe avec la fibre optique. Seul inconvénient : la bande passante sera mutualisée entre tous les utilisateurs présents simultanément dans la zone considérée.

Outre un débit de données accéléré, le déploiement de la 4G est perçu comme la solution permettant d’éviter l’engorgement des réseaux 3G actuels, mis à mal par l’explosion de la consommation des données. La multiplication des clés 3 G, la généralisation des connexions via les Smartphones et désormais les tablettes posent problème aux opérateurs qui voient leurs réseaux approcher de la saturation du fait de l’intérêt grandissant des français pour l’Internet mobile.

La 4G dès 2012 ?

A l’instar du WiMax (une technologie concurrente), la norme 4G LTE (Long term evolution) a adopté une architecture de réseau tout-IP qui simplifie l’architecture du réseau et permet la mise en œuvre de faible latence possible.

En France la 4G LTE s’appuiera sur deux bandes de fréquences :

  • La bande 2,6 GHz qui comprend une quantité de fréquences suffisante pour offrir les capacités importantes nécessaires à l’acheminement du trafic en zones urbaines denses. Elle réduirait ainsi les risques de saturation des réseaux mobiles dans les grandes villes.
  • Une seconde bande (800 MHz) présentant des caractéristiques de propagation radioélectrique favorable à la réalisation d’une couverture étendue. Elle sera très appréciable pour élargir la zone de couverture.

La 4G pourrait être disponible (dans certaines zones très denses) en France dès l’an prochain, même si de nombreux experts tablent plutôt pour une généralisation en 2013.

Des réseaux 4G sont déjà déployés en Norvège et en Suède depuis 2009 et, plus récemment, outre-Rhin.

Le 15 septembre dernier, Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR déposaient officiellement leur candidature à l’attribution d’une licence d’exploitation (bande 2,6 GHz).

« L’Autorité va désormais procéder à l’examen de ces dossiers, notamment de leur recevabilité, selon la procédure prévue par l’appel à candidatures. L’annonce des résultats de la procédure devrait intervenir avant la mi-octobre 2011 », expliquait alors l’Arcep dans un communiqué.

En fait, la décision a été rapide puisque les quatre opérateurs, y compris Free, ont décroché les licences 2,6 GHZ dès le 22 septembre.

Selon le cahier des charges, les opérateurs devront couvrir 75% de la population française (bande 2,6 GHz) d’ici 12 ans. En attendant, les tests se multiplient depuis 2010 à Lannion, Vélizy et Poitiers (avec notamment l’équipementier chinois ZTE qui a installé un laboratoire de recherche au Futuroscope).

Quelles évolutions par rapport à la 3G ?

Les débits plus élevés permettront de télécharger des films, des photos, des applications et des jeux plus rapidement qu’aujourd’hui.

Il sera ainsi possible de regarder la télévision HD en direct ou des vidéos HD en continu sans subir de longs délais ni de décalages.

Les vidéoconférences devraient se généraliser facilitant la collaboration entre des salariés situés dans des sites dispersés géographiquement. La multiplication des tablettes compatibles 4G LTE pourrait favoriser la formation en continu.

Pour bénéficier de la 4G, il faudra disposer d’un abonnement et d’un terminal (téléphone ou tablette) adapté.

Pour l’instant, peu de modèles sont encore disponibles. Mais toutes les marques (les rumeurs annonçant même un iPhone et un iPad compatibles LTE) s’apprêtent à en commercialiser.

Il n’en reste pas moins que la 4G LTE ne va pas remplacer du jour au lendemain la norme actuelle.

Tout le monde n’a pas encore souscrit à un abonnement 3G et les opérateurs français n’ont pas terminé le déploiement de la 3G.

« La 3G en a encore sous le pied. Sur notre réseau, 12 grandes villes sont couvertes en 21 Mb/s théorique. Et d’ici la fin de l’année, Paris, Lyon et Marseille seront couverts en 42 Mb/s notamment grâce à la généralisation des liaisons en fibre optique », commente Pierre-Alain Allemand, directeur général réseaux de SFR.

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