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HTML5, le futur dénominateur commun de la planète informatique

Bien que ce standard ne soit pas encore finalisé, HTML 5 est déjà partiellement supporté par la plupart des navigateurs web ainsi qu’un nombre grandissant de sites et d’éditeurs de logiciels. La montée en puissance attendue de cette technologie porte en germe la convergence de toutes les plateformes : PC, Smartphones, tablettes… ce qui explique les résistances de certains vendeurs qui cherchent à freiner cette évolution. HTML 5 ou l’unification par le Web !

Le HTML5 (HyperText Markup Language 5) est la prochaine révision majeure d’HTML, celui- ci représentant le langage utilisé pour coder les pages des sites Web. Bien que toujours en instance de normalisation, de plus en plus d’éditeurs et de sites adoptent dès maintenant cette nouvelle spécification.

Cet engouement s’explique notamment par les atouts de ce format.

La promesse d’applications universelles

HTML5 permet en effet d’envisager le développement d’applications web complexes qui se rapprochent de plus en plus des applications « natives » que l’on trouve sous Windows ou MacOS.

Contrairement à ces dernières, ces applications « Web » présentent l’avantage de pouvoir s’exécuter sans installation préalable et de manière identique, indépendamment du système d’exploitation sous-jacent, ce qui revient à banaliser et à uniformiser les systèmes utilisés.

Ces applications internet riches que l’on désigne sous l’acronyme de RIA (pour Rich Internet Applications) pourront être créées en HTML 5, sans nécessiter comme aujourd’hui de faire appel à des plateformes propriétaires telles que Flash d’Adobe, Silverlight de Microsoft ou JavaFX désormais propriété d’Oracle.

Avec HTML 5, les développeurs pourront développer des applications de plus en plus performantes, ils pourront insérer la vidéo dans leurs pages internet, proposer des animations fluides et gommer progressivement la différence qui existe aujourd’hui entre une application Windows et un site Web.

Il n’est donc pas surprenant que les plates-formes vidéo soient parmi les premiers sites à l’exploiter. C’est le cas de YouTube et de Dailymotion mais aussi de Yahoo!, Twitter, Myspace…

Pour découvrir les vidéos en HTML5 il faut utiliser une version récente de son navigateur web (Internet Explorer 9, Firefox, Chrome, Safari, Opera sans oublier ceux installés sur les smartphones). Le site CanIUse.com récapitule toutes les fonctionnalités HTML5 intégrées par les navigateurs.


Une seule application, quel que soit l’outil utilisé

Le HTML5 présente d’autres atouts. Pour les développeurs, il ne sera plus nécessaire de faire autant de versions d’un site que de terminaux utilisés. Les pages s’adapteront au format et à la résolution de l’écran, qu’il s’agisse du moniteur d’un ordinateur de bureau, d’une tablette ou d’un Smartphone.

Cette souplesse explique l’engouement des développeurs de services mobiles. Selon une étude menée par le cabinet Forester, 60 % des 2500 programmeurs américains et européens interrogés se montrent très intéressés par le HTML5.

La résistance prévisible des constructeurs

L’engouement pour HTML des développeurs mobiles a servi de prétexte il y a quelques mois à Apple pour écarter Flash de sa plateforme iOS qui équipe les iPod et iPad. Le constructeur considérant cette technologie comme une solution non adaptée aux terminaux mobiles.

Cette prise de position n’empêche pourtant pas Apple de privilégier sa plateforme de développement propriétaire au détriment d’applications HTML qui mettraient en danger sa position dominante. Le même raisonnement vaut pour Google dont la plateforme Android repose davantage sur Java que HTML.

Pour anticiper cette évolution vers HTML 5, Adobe (éditeur de Flash) propose Wallaby, un convertisseur de fichier Flash SWF en HTML5. Cette approche est également employée par Google qui a présenté récemment Swiffy.

Adobe travaille au développement de son logiciel « Adobe Edge ». Cet outil permettra de créer facilement des animations, « comme dans Flash », mais tout en « standards HTML ».

Reste la position de Microsoft. Rompant avec sa stratégie antérieure, Microsoft a fait d’HTML une priorité dans le développement d’Internet Explorer 9, la dernière version de son navigateur sortie en mars dernier, et l’éditeur compte aller encore plus loin avec Internet Explorer 10 qui devrait être intégré au sein de Windows 8.

Outre la version 10 d’Internet Explorer, c’est tout l’univers de Microsoft qui pourrait adopter ce nouveau format. Fin juin, Microsoft a présenté la nouvelle version de son service de stockage dans le cloud appelée SkyDrive. Ce dernier s’appuie sur HTML5 (après Bing Maps, son service de géolocalisation) en prenant de plus ses distances avec Silverlight.

Windows 8 de son côté va accorder une grande importance à HTML 5. A l’occasion de la première présentation officielle de ce système d’exploitation, l’éditeur a surtout mis en avant une nouvelle interface dynamique reposant sur HTML.

Avec le successeur de Windows 7, il sera possible de développer des applications en s’appuyant sur le trio HTML5, CSS et JavaScript. Implicitement, l’éditeur confirmerait donc l’arrêt du développement de Silverlight. Microsoft devrait clarifier ses intentions en septembre prochain lors d’une conférence développeurs consacrée à Windows 8.

HTML 5 est-il d’ores et déjà incontournable ?

Cet intérêt de plus en plus partagé pour le HTML5 signifie-t-il qu’il faille faire table rase du présent et du passé et laisser tomber Flash et Silverlight notamment ?


La réponse reste négative car d’une part HTML 5 est loin d’être finalisé et d’autre part Silverlight comme Flash continuent de disposer d’atouts non négligeables parmi lesquels une gestion fine de la bande passante et la protection des médias.

Silverlight supporte en effet la notion de DRM (Digital Rights Management) ce qui autorise la diffusion de vidéos protégées par des droits d’auteur. Ce n’est pas encore le cas pour le HTML 5. Les sites qui s’appuient sur ce nouveau format ne peuvent diffuser que de la vidéo libre de droits.

Quant à Flash, il reste incontournable. La majorité des bannières publicitaires utilisent encore ce format… et Flash est présent sur 95 % des ordinateurs, même si les smartphones et tablettes d’Apple ont décidé de bouder ce format.

Enfin, si HTML 5 semble promis à un bel avenir, il n’en reste pas moins qu’il faudra encore plusieurs années avant que l’ensemble des spécifications soient normalisées, que Microsoft, Google, Mozilla, Apple, … l’implémentent de façon consistante au sein de leurs navigateurs respectifs et enfin que les outils de développement le supportent.

Il faudra donc patienter quelques années avant de voir peut être se produire une convergence potentielle des différentes plateformes que de puissants intérêts industriels essayeront entre temps de freiner.

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