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La qualité de service : nouvel enjeu du Cloud Computing

De multiples interruptions de services « Cloud » intervenues récemment, avec notamment les déboires d’Amazon, relancent le débat sur la fiabilité du Cloud et rappellent qu’une réflexion sur les mesures de sauvegarde reste nécessaire.Ces dernières semaines, un certain nombre de nuages ont obscurci l’horizon du Cloud Computing.

Fin avril, plusieurs entreprises américaines dont les opérations reposent sur la plate-forme AWS (Amazon Web Services) ont vu leurs activités perturbées, voire purement et simplement stoppées pour certaines d’entre elles. Quelques entreprises ont même perdu des données.

En cause, le service de Cloud Computing d’Amazon. Selon ce dernier, cette interruption de services qui a duré environ deux semaines a été provoquée par la mise à jour fautive d’un routeur qui a ensuite débouché sur des problèmes concernant les systèmes de sauvegarde et de stockage.

Début mai, c’est au tour du service Cloud Foundry, de VMware d’être victime d’une coupure d’alimentation partielle.

Plus récemment, les utilisateurs de services en ligne de Microsoft tels que BPOS mais également Skype ont été confrontés à des interruptions.

La criticité croissante des infrastructures Cloud

En dépit des incertitudes qui entourent l’utilisation du Cloud, on ne peut que constater la montée en puissance de l’utilisation qui en est faite par les entreprises.

De plus en plus de sociétés externalisent une partie de leurs traitements à des prestataires Cloud, ce qui entraîne mécaniquement une réaction en chaîne en cas de défaillance d’un élément clé du système. C’est ce qui s’est passé avec la panne d’Amazon.

Un marché en forte croissance

Ces pannes restent malgré tout exceptionnelles et ne sauraient remettre en cause le développement de l’informatique dans les nuages. Elles rappellent que la gestion de ces plates-formes est très exigeante et qu’elle nécessite de s’entourer d’experts pointus visant à l’excellence opérationnelle.

Les enjeux financiers sont également très importants. Le Cloud Computing a représenté au niveau mondial 68,3 milliards de dollars en 2010 (+ 16,6 milliards de dollars par rapport à 2009), le marché français représentant à lui seul 1,5 milliard d’euros en 2009.

En 2014, selon les estimations du Gartner Group, ce marché devrait peser 148,8 milliards de dollars. Il est devenu l’une des priorités de l’Union Européenne et devrait, selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, atteindre 20 % du marché de l’informatique professionnelle d’ici à 2020, contre seulement 1 % actuellement.

Le Cloud Computing présente en effet suffisamment d’atouts pour poursuivre le développement auquel il est promis :

  • Réduction des coûts d’investissement liés aux infrastructures informatiques
  • Disponibilité et services (les deux pannes citées précédemment montrent que cet argument mis en avant n’est pas toujours une réalité…)
  • Accès à la demande et accès aux applications en mobilité à partir de n’importe quel navigateur
  • Green IT (ou informatique verte) : le déploiement de postes de travail légers diminuant la consommation énergétique

Les pannes rappelées en introduction rappellent néanmoins que ce mode d’exploitation doit désormais répondre à des préoccupations opérationnelles (facilité de transition, garantie de la qualité de service,…) comme de sécurité.

Les acteurs de ce secteur doivent également s’attacher à rassurer leurs clients présents et futurs et s’efforcer de mieux expliquer le fonctionnement de leurs services.

Dans ce domaine, il y a encore du chemin à faire si l’on en croit une étude publiée à l’occasion des Microsoft TechDays, en février dernier. Elle souligne que les patrons de PME-TPE (sondage portant sur les réponses de 301 dirigeants de petites et moyennes entreprises du secteur marchand de 5 à 49 salariés) ont une perception assez « floue » du Cloud : 6% en ont « une vague idée », 7% « ne connaissent que le nom » et 82% « n’en ont jamais entendu parler ».

La question récurrente de la sécurité des données

Les interrogations liées à la sécurité continuent à être très souvent mises en avant par les entreprises qui envisagent de franchir le pas. Qu’en est-il du stockage des données ? Quelles sont les garanties des hébergeurs en matière de confidentialité (certaines entreprises sont parfois soumises, de par leur activité, à des contraintes légales fortes qui ne sont pas toujours compatibles avec le Cloud) ? Leurs infrastructures sont-elles à l’abri des intrusions de pirates ? En cas de problèmes, quels seront les recours et la jurisprudence ?

Les enseignements d’une panne industrielle majeure


Quel que soit le fournisseur retenu, les entreprises doivent toujours s’en tenir aux règles essentielles en matière de sécurité : chiffrer systématiquement les données privées hébergées sur les « nuages », utiliser des mots de passe difficiles à craquer tout en assurant une gestion précise des identifiants afin de contrôler les accès et enfin éviter dans la mesure du possible de mettre tous ses œufs dans le même panier. En l’occurrence répartir ses données sur différents « nuages » et sauvegarder les données les plus cruciales sur un système de stockage n’ayant pas d’accès à Internet.

La question que beaucoup d’entreprises devraient sans doute se poser n’est pas tant de savoir si le Cloud est digne de confiance mais plutôt de savoir comment rendre les applications de l’entreprise plus résilientes. En d’autres termes, comment mettre en place un plan permettant de garantir la continuité de l’exploitation en cas de défaillance d’un fournisseur critique.

Un expert américain interrogé à propos de l’incident d’AWS déclarait qu’il fallait sans doute regarder cette panne comme l’équivalent informatique d’une catastrophe aérienne.

Dans les deux cas, il s’agit d’un incident majeur aux conséquences lourdes et durables qui ne remet pas pour autant en cause le constat que le transport aérien reste plus sûr que les autres moyens de transport.

Pour revenir au monde de l’informatique, il va sans dire que les conséquences des nombreux sinistres « privés » qui se produisent quotidiennement dans les entreprises dépassent certainement de loin en importance l’impact de la défaillance ponctuelle des grands fournisseurs du Cloud.

Les 3 modèles de service du Cloud

SaaS (Software as a Service)

Il s’agit d’un logiciel fourni sous la forme d’un service (et non d’un programme s’exécutant sur le PC). Ce service est accessible via Internet, d’où l’appellation fréquente « d’applications en ligne ». C’est le cas notamment de certains antivirus, des webmails et du futur service Office 365 de Microsoft.

De plus en plus d’applications devraient bénéficier de l’engouement pour ce type de service. Selon une étude du cabinet Forrester parue début mai 2011, les revenus issus de la vente de licences d’ERP devraient céder du terrain au profit des ventes de souscriptions à des offres en mode SaaS.

Avec une croissance de plus 21% jusqu’en 2015, le SaaS devrait changer le paysage du progiciel de gestion et proposer aux entreprises un choix d’applicatifs plus étendu.

IaaS (Infrastructure as a Service)

Chaque application hébergée est facturée à la mesure des ressources qu’elle utilise (serveurs virtuels, capacités de stockage, système d’exploitation).Le service Amazon Web Services appartient à cette catégorie.

PaaS (Platform as a Service)

Il s’agit d’une plate-forme d’exécution, hébergée par un opérateur et accessible depuis Internet. Azure de Microsoft s’inscrit dans cette catégorie.

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