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Chrome OS : le système d’exploitation de Google peut-il constituer une alternative à Windows ?

Annoncés depuis plusieurs mois, les premiers ordinateurs portables fonctionnant avec le système d’exploitation Chrome OS sont sur le point d’être commercialisés. Avec ce lancement, Google introduit le premier système spécifiquement conçu pour le Cloud en cherchant à redéfinir l’architecture du poste de travail.

Dès le 15 juin, il sera possible d’acheter l’un des deux modèles proposés sous Chrome OS, le système d’exploitation annoncé par Google il y a dix-huit mois. Vendus moins de 500 € par des sites de commerce électronique, ou bien proposé sous la forme d’un abonnement par un opérateur, ces nouveaux types de netbooks seront produits par Acer et Samsung.

Leur configuration technique est typique d’un netbook: écran de 11 pouces pour l’Acer et de 12 pour Samsung, processeur double cœur Atom, une webcam, deux prises USB, du Wi-Fi…

Leur particularité se situe au niveau du système d’exploitation et du mode de fonctionnement.

Contrairement aux PC ou aux Macintosh, une machine sous Chrome OS n’est pas dotée d’un système d’exploitation au sens habituel du terme mais se contente d’un noyau Linux sur lequel s’exécute le navigateur Chrome.

Aucun programme n’est installé sur ces machines. Les applications sont incarnées par des « Chrome Apps » qui s’exécutent sur un site Web à l’instar de Google Docs ou de Gmail par exemple.

On ne trouve pas non plus de disque dur ou de système de fichier, les données étant stockées sur les serveurs de Google. L’utilisateur se connecte avec son identifiant et accède à ses données hébergées sur le Cloud de façon sécurisée. S’il perd ou se fait voler son netbook, ses données sont conservées. Le revers de la médaille étant qu’il reste dépendant du bon fonctionnement de sa connexion Internet pour travailler.

Google positionne ces machines en tant que complément des postes de travail traditionnels, en les destinant aux utilisateurs dont les besoins sont pour l’essentiel satisfaits par les services Web couramment utilisés (moteur de recherche, webmails, Facebook, Picasa, …).

La firme californienne espère néanmoins faire évoluer son offre pour en faire une plateforme de plus en plus polyvalente capable de concurrencer Windows sur le poste de travail.

Google compte par exemple sur le support de Citrix et de VMware pour permettre à des applications Windows virtualisées de s’exécuter sur son système.

OS et Cloud Computing


Google vise à terme à déstabiliser Microsoft en redéfinissant le poste de travail grâce au Cloud Computing.

Selon Google, Chrome OS serait très efficace et performant car il ne serait pas encombré par des applications inutiles et gourmandes en énergie (l’essentiel étant en effet délocalisé sur les serveurs de Google ou d’autres partenaires). Google met en avant que l’évolution du web (en particulier l’arrivée de l’HTML5) permettra de développer des applications Web aussi riches que les applications natives sous Windows ou Mac OS X.

Afin de rassurer le grand public ainsi que les entreprises redoutant les attaques virales, Google met en avant la sécurité de son système. Sur ce point, Google est en effet bien armé. A l’instar de son navigateur, Chrome OS est capable d’isoler les processus en les faisant s’exécuter dans un « bac à sable ». Cette solution rend plus difficile la tâche des pirates qui cherchent à faire s’exécuter des logiciels malveillants à l’insu de leurs victimes. Chrome OS utilise le chiffrement pour les données utilisateur stockées localement dans un cache.

En empêchant l’installation de logiciels par l’utilisateur, en isolant les applications et en reposant sur un noyau Linux, ce système d’exploitation présente en effet moins de vulnérabilités structurelles que Windows. Malgré tout, aucune solution n’étant infaillible à 100%, cet argument ne tiendra pas éternellement. Des hackers et des pirates cherchent à mettre au point (ou à trouver des failles) des procédés permettant d’infiltrer le bac à sable. La montée en puissance du navigateur Chrome leur donne d’ailleurs un bon terrain d’entraînement.

Le modèle du Minitel

L’arrivée de Chrome OS va bousculer les habitudes des utilisateurs qui travaillent depuis des décennies sous Windows. Les Chromebook s’apparentent en effet à des Minitel dans le sens où leurs fonctionnalités sont réduites aux services les plus élémentaires: surfer sur le web, écrire et échanger des emails, créer des fichiers bureautiques basiques et se détendre avec des jeux en ligne. Ces PC d’un nouveau genre sont optimisés pour le web.

Autre limitation: il n’est pas possible de faire tourner un autre navigateur que Chrome dans Chrome OS. Impossible non plus d’ajouter un logiciel (autre que ceux proposés par Google dans sa boutique) ou un pilote de périphérique. A l’instar de feu le Minitel, les Chromebook sont des machines peu évolutives mais capables de fournir efficacement des services utiles pour une certaine classe de besoins.

Une concurrence stimulée

Il est encore trop tôt pour se faire une opinion concernant l’impact des Chromebook. A l’instar des tablettes et des netbooks, ces machines ne remplaceront pas le PC de bureau qui constitue la seule machine susceptible d’être personnalisée à volonté, aussi bien en termes de logiciels que de périphériques.

Mais l’arrivée de ces portables « online » pourrait séduire certains particuliers et peut être des entreprises (pour certaines applications) : la simplicité d’usage et les mises à jour automatiques (dès le lancement du PC) réalisées automatiquement par Google représentent en effet des atouts indéniables. Selon Google, Chrome OS mettra théoriquement fin à une série de problèmes qui vont de l’arrêt du fonctionnement des applications, à l’attente au démarrage, aux conflits entre applications, aux mises à jour trop fréquentes, aux infections virales, …

Si Chrome OS apporte des réponses nouvelles à ces problèmes bien réels, ce système souffre également d’inconvénients majeurs au premier rang desquels la nécessité de disposer d’une connexion Web permanente pour fonctionner. S’agissant de machines avant tout destinées à des utilisateurs nomades, la limitation est de taille.

Chrome OS représente une approche nouvelle pour une machine, le PC, qui compte désormais 30 ans d’existence. Même si certains pensent que l’approche exclusivement Web de Google va trop loin, certaines caractéristiques de Chrome OS ne manqueront pas d’inspirer Microsoft et Apple dont les prochaines versions de système vont de plus en plus s’appuyer sur le Cloud.

Bref, Chrome OS ne va sans doute pas bouleverser du jour au lendemain l’univers de la micro-informatique mais certains des principes incarnés par ce système trouveront leur place dans les futurs PC.

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