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Comment effacer ses traces sur Internet ?

Sur le web comme ailleurs, vos activités et vos déplacements laissent des traces. Toutes ces données sont récupérées plus ou moins à votre insu et analysées par les moteurs de recherche et les sites.

Fin avril, une polémique a fait la Une des médias : Apple conserve les données de géolocalisation de ses quelque 50 millions (chiffres 2010) appareils mobiles (iPhone et iPad). Quelques jours plus tard, des experts révèlent que Google fait la même chose avec les 67 millions (chiffres 2010) de smartphones fonctionnant sous Android. Tous les utilisateurs de ces terminaux sont donc suivis à la trace sans avoir donné leur accord de façon explicite. Dans quel but ? Malgré leurs communiqués, les explications des deux géants sont restées assez évasives.

Ces révélations n’ont en fait rien de surprenant. A l’ère de l’informatique et du numérique omniprésents, toutes sortes de données sont récupérées par les éditeurs de logiciels, les moteurs de recherche, les fabricants de matériels high tech et les fournisseurs d’accès à l’internet.

Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller sur cette page spéciale de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés). La moindre activité entraine la création d’un petit fichier. Autant d’empreintes qui permettent de repérer notre visite sur un site ou une recherche sur la toile.

Face à ces récupérations plus ou moins sauvages (l’accord explicite de l’internaute n’étant pas une généralité…) de données, il convient de s’appuyer sur la législation pour protéger sa vie privée. Il y a notamment l’article 9 du Code civil qui précise que «toute personne a le droit au respect de sa vie privée ». De façon plus générale, la législation en matière de protection des données personnelles permet, dans la majorité des cas, de faire nettoyer ses traces par les éditeurs des sites ou à défaut par les intermédiaires techniques (fournisseur d’accès à Internet et hébergeurs).

Il convient ensuite de suivre quelques règles essentielles pour limiter ses traces sur le web. La première piste à suivre consiste à lire l’article publié le 4 avril sur le site de la CNIL. Intitulé « Comment effacer des informations me concernant sur un moteur de recherche ? », ce petit guide de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés précise d’emblée que les moteurs de recherche «ne maitrisent pas le contenu des pages qu’ils référencent », les algorithmes étant en théorie automatisés.

Ces moteurs récupèrent de précieuses informations sur vos centres d’intérêts (grâce aux mots-clés que vous rentrez), les sites que vous fréquentez (grâce aux liens sur lesquels vous cliquez), les actions que vous entreprenez sur la toile (par la combinaison et la conservation de l’ensemble de ces informations) et votre localisation géographique (grâce à votre adresse IP).

La première chose lorsqu’on constate qu’un site affiche des données confidentielles sur vous (il suffit pour cela de taper son patronyme dans Google par exemple) est de contacter le webmaster. La CNIL propose un modèle de courrier mais ajoute que les internautes doivent « justifier auprès du responsable en quoi la publication de ce contenu nuit à votre réputation ou à votre vie privée ».

Pour que votre demande soit efficace il faut que les données personnelles soient effacées ou que la page en question soit supprimée. Dans ce dernier cas, vous pouvez vérifier que l’adresse de la page en question renvoie une vraie page d’erreur 404 (« page introuvable »). Si ce n’est pas le cas, vous pouvez utiliser l’outil de demande de suppression d’URL pour demander la suppression de l’adresse des résultats de recherche Google.

Sachez que le site dispose d’un délai de deux mois pour traiter votre requête. Passé ce délai, la CNIL invite les internautes à déposer une plainte en ligne auprès de ses services.

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés conseille ensuite de s’attaquer au « cache » des moteurs de recherche. Derrière ce terme abscons se trouve les copies des pages web indexées par les moteurs de recherche et conservées « temporairement », c’est-à-dire entre deux visites par les robots (ces logiciels scannant automatiquement le contenu des sites). La conservation de cette copie varie selon deux critères principaux : la popularité du site et sa fréquence d’actualisation.

Si vous êtes le webmaster ou le responsable juridique d’un site et que vous devez supprimer en urgence le contenu dans les résultats de recherche, supprimer le cache Google d’une page que vous avez modifiée ou encore empêcher Google d’afficher des résultats pour une page qui n’existe plus, vous pouvez accélérer la procédure en utilisant l’outil de demande de suppression de Google.

Ce guide est donc utile. Mais on regrette néanmoins que la CNIL n’est pas élargi son guide aux réseaux sociaux sur lesquels les internautes n’hésitent pas, inconsciemment ou non, à publier des informations confidentielles (sur leur entreprise) ou personnelles. En France, les représentants des principaux sites collaboratifs et des moteurs de recherche ont signé une charte avec le gouvernement pour garantir ce « droit à l’oubli numérique ».

Seul problème, Google et Facebook n’ont pas encore signé cette charte, car en l’état actuel du droit français, les sites collaboratifs et moteurs de recherche ne sont pas obligés d’adhérer à une telle charte.

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