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Le poids croissant de l’Internet dans l’économie française

Une étude du cabinet McKinsey publiée en Mars 2011 illustre l’influence croissante de l’économie numérique dans l’activité nationale. Selon ce travail, l’Internet représenterait près du quart de la croissance économique et plus d’un million d’emplois. Analyse des principaux enseignements de ce rapport qui pointe également le retard des PME françaises dans l’adoption des technologies numériques.

L’étude précitée vise à présenter un tableau synthétique de la contribution de la « filière Internet » au PIB national. Elle consiste dans une compilation de données macro-économiques en provenance de différentes sources (OCDE, INSEE, …) et s’appuie également sur une enquête réalisée auprès d’entreprises du secteur de l’Internet.

Les points clés du rapport

La valeur ajoutée de la filière Internet était de 60 milliards d’euros en 2009 et a atteint 72 milliards d’euros en 2010. Elle englobe la partie « data » des opérateurs télécoms (c’est à dire la transmission de données, hors trafic voix), le matériel et le logiciel liés aux usages de l’Internet (grosso modo toute l’informatique), les activités ayant le web comme support (e-commerce, publicité en ligne), les services informatiques liés à Internet et enfin l’activité des entreprises opérant exclusivement sur la toile.

Cette filière représentait 3,2% du PIB en 2009 et 3,7% en 2010. Avec une prévision de 130 milliards d’euros en 2015, soit 5,5% du PIB. On notera que cela représente autant voire plus que des secteurs traditionnels tels que l’énergie, les transports ou l’agriculture.

Elle génère 1,15 million d’emplois directs, indirects et induits et en aurait créé 700 000 en 15 ans.

Elle représente 25% de la croissance du PIB et de la création nette d’emplois en 2010.

L’investissement dans l’Internet est rentable : 1 euro investi génère 2 euros de marge opérationnelle. Chaque euro investi dans le marketing en ligne rapporte 2,5 euros de bénéfices.

Les entreprises à « forte intensité web » croissent deux fois plus vite que les autres et exportent deux fois plus (4% du CA vs 2,6% en moyenne).

L’étude fait état d’un concept appelé « surplus de valeur », financé par la publicité en ligne, et estimé à 7 milliards d’euros, soit 36 € par mois et par foyer connecté … ce qui équivaut à compenser le coût de l’abonnement ADSL ! A quoi correspond cette « valeur » ? Il s’agit des bénéfices induits (estimé par les consommateurs eux-mêmes) par l’utilisation des services gratuits disponibles sur le web (messagerie électronique, moteur de recherches, réseaux sociaux, réservations en ligne, démarches administratives, …).

Les consommateurs ont réalisé 2,5 milliards d’euros d’économies grâces aux achats en ligne. Il s’agit de la différence estimée entre le prix des biens et services sur Internet et leur équivalent dans le commerce traditionnel. A ce sujet, la Banque de France a établi qu’à chaque point de croissance de l’e-commerce correspond 0.5 point de déflation du prix des biens de détail.

L’étude met enfin en avant un effet de « bien-être » généré par l’Internet. Cet effet subjectif se mesure dans différentes activités qui sont facilitées par l’usage du réseau. Sont citées à titre d’exemple l’accélération de la recherche d’emplois, la meilleure information des patients, la démocratisation du savoir, la simplification de la vie quotidienne, l’éducation, sans oublier les nouveaux liens générés par les incontournables réseaux sociaux.

L’Internet contribue indirectement à la consommation des biens et services proposés dans le monde physique en facilitant la recherche d’informations en amont de l’achat. Cette contribution est estimée à 28 milliards d’euros en 2009.

Le retard des PME Françaises en matière d’adoption de l’Internet

Ce rapport établit également un constat moins positif en soulignant le retard des PME françaises dans leur présence sur Internet et le commerce en ligne.

Malgré son fort équipement en ADSL, la France serait selon ce rapport un pays plutôt moyen pour ce qui concerne l’adoption de l’Internet. Le pays serait au 17ème rang des pays de l’OCDE, loin derrière les pays nordiques, le Royaume Uni et l’Amérique du Nord puis la Corée.

Concernant les entreprises, seules 47 % d’entre elles sont dotées d’un site Web contre 80 % des sociétés du Royaume Uni.

93 % des entreprises françaises disposent d’une connexion haut débit, un peu moins de la moitié d’entre elles un site Web, 42 % ont mis en place un intranet et 33 % un extranet. Enfin, 40 % des salariés français disposent d’un accès Internet sur leur lieu de travail.

L’étude met en avant les écarts de croissance constatés entre les entreprises fortement investies sur le réseau et les autres.

Elle avance que les entreprises « à forte intensité Web » ont crû ces trois dernières années deux fois plus vite que les autres, tout en exportant également deux fois plus.

Elle constate également une « fracture territoriale » opposant l’Ile de France dotée du plus grand nombre d’entreprises à « forte intensité Web » des régions du centre du pays.

Le mérite de cette étude est de mettre l’accent sur l’importance qu’a pris l’économie numérique dans la vie quotidienne comme dans celle des entreprises. Il n’est tout simplement plus possible pour un particulier, à fortiori pour une entreprise, de se passer de la toile pour fonctionner normalement.

Si la grande majorité des particuliers comme des entreprises sont désormais dotés d’une connexion Internet haut débit, les écarts se creusent entre les individus et les sociétés faisant un usage « avancé » du Web et les autres.

Le monde de l’Internet est un univers en perpétuelle évolution qui nécessite, pour être pleinement appréhendé, d’accepter de suivre ce qui s’apparente à une formation continue tout au long de son existence. La capacité ou la volonté des uns et des autres à s’adapter à cette nouvelle exigence constituera sans doute un facteur de différenciation majeur dans une société de plus en plus dépendante des technologies numériques.

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