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Quelle place pour les tablettes dans l’entreprise ?

Le succès commercial de la tablette d’Apple auprès du grand public pose logiquement la question de son adoption dans l’entreprise. Si la plupart des constructeurs peaufinent une réponse à l’iPad en visant plus particulièrement le marché professionnel, les tablettes sont-elles pour autant aujourd’hui en adéquation avec les besoins des entreprises ?


Accueilli avec prudence lors de son introduction, l’iPad a su faire taire les critiques en réussissant à commercialiser près de 10 millions d’unités à ce jour.

Les raisons de ce succès sont désormais bien établies : appareil bien dessiné, interface intuitive et exclusivement tactile, excellent marketing, grande autonomie de la tablette offrant 10 h d’utilisation sans recharge, catalogue important d’applications dérivé de l’App Store de l’iPhone, buzz important …

Malgré un certain nombre de lacunes relevées dans la presse comme l’absence de port USB, d’une caméra, … l’iPad a conquis son public.

Face à ce succès, les acteurs traditionnels de l’industrie des TIC fourbissent leurs armes en préparant le lancement de leurs propres offres en majorité aujourd’hui basées sur Android de Google, système originellement développé pour les smartphones.

La plus connue et la plus vendue de ces tablettes alternatives est sans doute le Samsung Galaxy Tab.

On trouve également le Blackberry Playbook, le Slate d’HP (plus particulièrement destiné aux entreprises), sans oublier les nombreuses annonces en provenance de Dell, de Cisco, de Toshiba, d’Archos, d’Acer ou encore d’HP qui promet pour 2011 une tablette sous WebOS, le système dont il a hérité en rachetant Palm.

 Usages domestiques de l’iPad

La tablette d’Apple s’est imposée comme un excellent outil de consommation de contenu numérique.

Il s’agit sans doute de la façon la plus agréable pour surfer sur le web à domicile, si l’on excepte le PC domestique bien entendu. Mais contrairement à ce dernier, l’iPad présente l’avantage d’être facilement transportable, plus léger et plus autonome qu’un portable et enfin plus facile et agréable à utiliser.

La tablette sera également un excellent outil permettant de consulter ses emails, d’écouter de la

musique, de regarder des vidéos sur Youtube et dans une moindre mesure de lire des livres électroniques, l’écran de l’iPad étant de moins bonne qualité qu’une liseuse dédiée et le poids de l’appareil pouvant rendre la lecture fastidieuse à la longue.

La caractéristique commune à l’ensemble de ces activités est qu’elles concernent la consommation de contenu numérique et dans une mesure beaucoup plus faible sa création.

Quelles applications en entreprise ?

De ce point de vue, l’utilité de l’iPad semble beaucoup moins évidente en entreprise, en dehors de fonctions spécifiques comme la présentation de produits à des clients ou la saisie de données en situation de mobilité.

Difficile en effet d’imaginer de pouvoir rédiger des rapports un peu conséquents, de saisir des notes pendant un meeting ou à l’occasion d’un déplacement, en ne pouvant compter que sur un clavier virtuel.

Tout travail de production un peu élaboré nécessitant l’intégration de données de sources différentes risque de s’avérer particulièrement fastidieux. La mémoire de stockage limitée de ce type d’appareil ainsi que l’absence d’outils de gestion de ces dispositifs constituent des freins supplémentaires.

L’absence d’Office enfin constitue un handicap non négligeable que Microsoft ne semble pour l’instant pas pressé de vouloir combler.

D’une façon générale il manque aujourd’hui un certain nombre d’outils permettant de faire de la tablette une alternative capable de se substituer à un PC portable traditionnel.

Ces limitations ne semblent pourtant  pas effrayer certains analystes comme le Gartner Group qui écrit volontiers que l’iPad va « cannibaliser » une partie des ventes de notebooks. C’est sans doute vrai pour le grand public mais probablement d’une façon beaucoup plus limitée s’agissant de l’entreprise.

Le Gartner Group poursuit sur sa lancée en incitant les entreprises à faire une place aux iPad que certains salariés ne manqueront pas d’amener sur leur lieu de travail, tout comme ils l’avaient déjà fait auparavant avec leur iPhone.

Dispositifs spécialisés ou universels ?

L’arrivée de l’iPad a pour conséquence d’introduire une nouvelle classe de dispositifs informatiques mobiles, succédant au PC portable et au smartphone.

La question étant de savoir s’il n’est pas contre-productif d’ajouter une nouvelle classe de matériels ajoutant ainsi à la confusion existante.

PC Portable et Smartphones présentent déjà une zone importante de recouvrement et une tablette ne va pas simplifier les choses, bien au contraire.

On peut considérer qu’une tablette, et notamment l’iPad, est un super smartphone. Elle n’est pourtant pas un téléphone … ni même un portable compte tenu de son orientation « consommation de contenu ».

Le contexte économique ne se prêtant pas vraiment à une vague d’investissement dans des dispositifs matériels supplémentaires, l’iPad ou toute autre tablette alternative pourra difficilement s’imposer tant qu’il ne sera pas perçu comme un équipement capable de remplacer un dispositif existant.

La contre-offensive attendue

Comme déjà souligné précédemment, la plupart des constructeurs et éditeurs de logiciel préparent leur réponse à l’iPad, un certain nombre de produits ayant déjà été lancés avec plus ou moins de succès jusqu’ici.

Le HP Slate et le Dell Inspiron Duo

En dehors de quelques offres reposant sur Windows 7 comme le Slate d’HP destiné à l’entreprise ou encore le Dell Inspiron Duo qui constitue une machine hybride, mi-notebook, mi-tablette, la plupart des offres sont basées sur une version d’Android, le système développé par Google.

Le Samsung Galaxy Tab

Le Samsung Galaxy Tab en constitue le représentant le plus connu et le plus populaire en ayant désormais franchi la barre du million d’exemplaires commercialisés. Plus petit que l’iPad, il apporte des fonctionnalités supplémentaires en intégrant une caméra, un port USB et en supportant les applications Flash contrairement aux dispositifs mobiles d’Apple.

Le problème de ces premières générations de tablettes est qu’elles reposent sur des systèmes qui n’ont pas été spécifiquement conçus pour ces usages, l’iPad excepté, et qui présentent de ce fait des limitations importantes.

C’est vrai de Windows 7 qui, bien que disposant nativement de fonctions tactiles, doit composer avec une interface utilisateur inadaptée à un usage exclusivement tactile. Il en va de même pour Android pour d’autres raisons.

Même Google essaye de dissuader ses partenaires de lancer trop tôt des tablettes sous Android, reconnaissant que le système n’est pas conçu pour des terminaux de grande taille ce qui pose des problèmes quant à la portabilité des applications Androïd existantes.

Google prépare activement la version 2.3 d’Android pour adresser ces limitations et apporter les fonctionnalités qui permettront à ses partenaires de produire des offres mieux à même de se mesurer à l’iPad.

Le grand absent de ce marché à ce jour reste Microsoft.

Après avoir introduit les premières tablettes désignées sous le nom de Tablet PC au début de la décennie, l’éditeur se sera vu une fois de plus rattrapé par un Apple plus déterminé et ayant su trouver la formule adaptée au marché.

L’éditeur a promis d’investir sur ces dispositifs mais continue à tergiverser sur le choix du système qui équipera ces tablettes : Windows 7, le nouveau Windows Phone 7 ?

En dépit des affirmations de Microsoft, il est clair que l’interface de Windows 7, conçue pour être utilisée via un clavier et une souris, ne serait pas une bonne solution pour un dispositif de type tablette dont l’interface est purement tactile.

L’éditeur travaille très vraisemblablement au développement d’une interface adaptée qui pourrait s’inspirer du nouveau Windows Phone 7 conçu pour une utilisation exclusivement manuelle. Microsoft attend également une nouvelle génération de processeurs d’Intel spécifiquement conçus pour les portables et tablettes et qui promet de doubler l’autonomie de ces dispositifs.

Quoi qu’il en soit, on devrait en savoir plus début Janvier au moment où le patron de Microsoft inaugurera le grand show annuel de l’électronique mondiale à Las Vegas.

Un exemple de ce que pourrait être une tablette Windows en s’appuyant sur l’interface de Windows Phone 7

En tout état de cause, il ressort de ce qui précède que les tablettes sur le marché aujourd’hui sont soit fonctionnellement incomplètes (cas de l’iPad), soit limitées par leur système d’exploitation.

L’année 2011 verra arriver une seconde génération de tablettes, plus riches, mieux abouties et qui se prêteront mieux à une utilisation professionnelle. Il est donc urgent d’attendre …

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