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Internet Explorer 9 ou l’arrivée d’une nouvelle génération de navigateurs promettant d’accélérer le Web

Depuis le 15 septembre, Microsoft a mis en ligne une beta version de son prochain navigateur, le 9ème du nom. Cette nouvelle version a ceci de remarquable qu’elle augure d’une nouvelle génération de navigateurs capables d’améliorer sensiblement l’expérience de navigation et ainsi de rapprocher l’expérience d’utilisation des applications Web de celle des programmes installés sur une machine comme Office.

La sortie de la beta d’Internet Explorer 9 a été l’occasion pour Microsoft de présenter les nouveautés de son navigateur dont la version finale est attendue au début de l’année prochaine.

Les évolutions principales consistent dans une nouvelle interface minimaliste destinée à mettre au premier plan le contenu des sites visités, dans une intégration poussée à Windows 7 mais surtout dans le support pour la première fois des techniques d’accélération matérielle permettant de rendre beaucoup plus rapide l’exécution d’applications Web.

L’accélération matérielle pour exploiter complètement les ressources de la machine

L’accélération matérielle représente la nouveauté majeure de cette nouvelle version.

Il s’agit sans doute de la première réelle innovation dans le domaine des navigateurs depuis l’apparition de la vidéo et des animations Flash il y a dix ans et plus récemment de la navigation par onglets introduite par Firefox.

L’accélération matérielle consiste à confier la responsabilité de l’affichage des pages Web à la carte graphique installée, plutôt qu’au processeur, comme cela a été le cas jusqu’ici. Chaque PC relativement récent dispose, outre d’un microprocesseur appelé CPU, d’une carte graphique très puissante appelée GPU (pour Graphics Processing Unit) qui est généralement sous employée, à l’exception notable des jeux vidéos.

Internet Explorer 9 répartit la charge de travail entre le processeur central qui se verra confier les calculs et la carte graphique qui aura la responsabilité du rendu, c’est-à-dire de l’affichage du contenu d’une page Web.

Microsoft affirme que sans accélération matérielle, un navigateur n’utilise que 10 % des ressources d’un PC. Si cette affirmation est difficile à vérifier (la GPU serait-elle neuf fois plus puissante que la CPU ?), il n’en reste pas moins que les gains de performance sont sensibles à l’usage de cette nouvelle version et deviennent impressionnants dans le cas d’applications Web nécessitant le traitement d’un grand nombre d’objets simultanément.

L’intérêt de cette technique d’accélération est qu’elle ne nécessite pas codage spécifique de la part du développeur d’application.

Le résultat final est que l’utilisation des sites Web ainsi que des applications hébergées sur ces sites s’en trouve sensiblement accélérée.

Les autres nouveautés d’Internet Explorer 9 : interface utilisateur simplifiée et intégration des applications Web dans Windows

Internet Explorer 9 propose une interface utilisateur réduite au strict minimum

Par défaut ne sont visibles de gauche à droite que les boutons « retour » et « suivant», une barre d’adresse unique combinant la gestion de l’historique, des favoris ainsi que les résultats de recherche, les onglets de chaque site visité et enfin trois icônes : « Home », « Favoris » et « Outils ».

L’approche volontairement minimaliste d’Internet Explorer 9

Internet Explorer 9 se caractérise par l’absence de logo. Les barres d’outils sont masquées, ainsi que les menus, même si ces éléments sont toujours en place et peuvent être affichés si besoin est.

La même volonté de discrétion s’applique aux notifications. Les pop ups sont remplacés par un cartouche de notification s’affichant en bas de l’écran et avisant du blocage d’un module, de la progression d’un téléchargement, d’un avertissement de sécurité, … notifications qu’il est toujours possible d’ignorer.

Le nouveau cartouche de notification

Sous Windows 7, l’intégration des sites web avec le bureau permet d’attacher les sites choisis à la barre de tâches, traitant ainsi ces derniers de la même manière qu’une application native.

Intégration de sites Web (Facebook, Zdnet, France Inter, …) dans la barre des tâches

Ces applications pourront via un clic droit afficher une « Jumplist » donnant un accès direct à certaines sections du site, sous réserve que le développeur ait implémenté cette fonctionnalité.

Exemple de Jumplist sous Facebook

La sécurité n’est pas en reste avec le nouvel outil de téléchargement qui va présenter la « réputation » d’un programme (validité de la signature numérique, nombre de téléchargements, …) évitant ainsi potentiellement de récupérer des programmes essayant d’usurper l’identité d’applications légitimes.

La gestion de la performance du navigateur est améliorée avec la possibilité de visualiser les temps de chargement des différents add-ins installés et permettant d’un clic de désactiver ceux-ci si besoin.

Enfin, l’ouverture d’un onglet affiche désormais par défaut la liste des sites les plus fréquemment consultés, partant du principe que la plupart du temps l’utilisateur désire retourner sur un site qu’il a l’habitude de consulter.

Microsoft souhaite que le navigateur s’efface au profit des sites consultés et que les applications Web soient désormais traitées comme des outils à part entière au même titre que les applications natives.

La question du support de Windows XP

La faiblesse principale de cette beta d’Internet Explorer tient au fait qu’elle laisse sans support les toujours nombreux utilisateurs de Windows XP.

Ces derniers n’ont d’autre choix que de continuer à utiliser les versions antérieures d’Internet Explorer ou plus vraisemblablement d’utiliser un navigateur alternatif.

Le non support de Windows XP par Internet Explorer 9 n’est pas une surprise, Microsoft ayant depuis longtemps annoncé que ce navigateur serait réservé exclusivement aux PC sous Windows 7 ou sous Vista doté du SP2.L’éditeur présente des arguments techniques basant cette décision sur le fait que Windows XP ne dispose pas d’un certain nombre d’API nécessaires à l’accélération matérielle, ces API ayant fait leur apparition avec Windows 7 et ayant été depuis rétroportées sous Vista, sans qu’il soit possible d’en faire de même concernant Windows XP.

Si Microsoft dispose de bonnes raisons de ne pas supporter un système qui fêtera bientôt ses dix ans, il n’en reste pas moins que cette décision frustrera bon nombre d’utilisateurs et que l’adoption d’Internet Explorer sera de ce fait strictement corrélée à l’adoption de Windows 7.

L’intégration progressive du Web et des applications traditionnelles

En intégrant les applications Web à Windows 7 (mais pas à Windows XP) et en en accélérant sensiblement la performance, Microsoft ouvre la voie au développement d’applications Web de plus en plus nombreuses qui viendront se fondre avec les applications dites natives comme Office.

Internet Explorer 9 ouvre ainsi la voie à un rapprochement entre les mondes du PC et du Web et sera rejoint dans cette initiative par de prochaines versions de Firefox et de Chrome dont les développeurs ont annoncé qu’ils supporteraient prochainement ces techniques d’accélération matérielle.

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