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La montée en puissance du Cloud Computing

A travers ses différentes incarnations, le « Cloud Computing » ou informatique dans les nuages commence à trouver sa place dans l’entreprise. Bien que ce modèle continue d’évoluer rapidement, la typologie des services proposés se précise et les grands acteurs de l’informatique peaufinent leurs offres en vue profiter de la manne annoncée. Analyse et définitions.

Le Cloud Computing est incontestablement l’un des phénomènes majeurs du moment, au même titre que l’apparition en 1981 du PC, l’avènement du client-serveur ou encore les débuts d’Internet il y a quinze ans. Les bénéfices que ce nouveau paradigme apporte aux entreprises sont tels que son adoption ne fait plus débat, la question étant devenue celle de savoir quand, comment et quoi déployer dans le nuage.

Pour l’entreprise, le Cloud apporte potentiellement un nombre impressionnant de bénéfices.

  • Il représente une promesse d’agilité, c’est-à-dire une capacité inédite à réagir rapidement face aux exigences d’un environnement toujours plus concurrentiel.
  • Il permet une expérimentation à peu de frais de nouvelles applications.
  • Il évite d’affecter des ressources internes nécessairement limitées à de nouveaux projets.
  • Il permet d’externaliser les tâches d’exploitation et les applications non critiques.
  • Il simplifie et accélère considérablement le déploiement de nouvelles applications en n’exigeant qu’un navigateur pour travailler.
  • Il permet enfin d’économiser sur le budget informatique en offrant une maîtrise des coûts, en externalisant des fonctions non critiques mais aussi en basculant une partie du budget de la DSI sous la forme de dépenses d’exploitation plutôt que de dépenses d’investissement.

Si les bénéfices potentiels du Cloud Computing sont clairs, il n’en va pas de même de sa mise en œuvre qui nécessite la prise en compte de trois modèles de déploiement qu’il faut combiner avec trois modèles de prestations.

Modèles de prestation


L’ancêtre du Cloud Computing est sans doute le vénérable Webmail, le service bien connu qui permet d’accéder à ses messages depuis un simple navigateur.

Au fur et à mesure de la diffusion d’Internet, de nouvelles applications se sont progressivement déployées dans le nuage, les plus répandues étant le CRM, la messagerie d’entreprise et de plus en plus la collaboration. Ces services applicatifs hébergés sont définis sous le terme SaaS, acronyme anglo-saxon
correspondant à « Software as a Service », que l’on peut définir comme un service applicatif à la demande.

L’offre de messagerie et de collaboration hébergées Microsoft Online Services appartient à cette catégorie.

La typologie des services Cloud s’est depuis enrichie de deux autres types de prestation connus sous les noms de PaaS (Platform as a Service) et IaaS (Infrastructure as a Service).

L‘IaaS consiste dans la mise à disposition d’un ensemble d’équipements et de services réseaux (serveurs, espace de stockage de données, bande passante …) et logiciels (généralement des machines virtuelles). L’entreprise utilisatrice déployant et maintenant ses applications dans cet environnement.

Le service EC2 d’Amazon représente un bon exemple de service appartenant à cette catégorie.

Le PaaS, tout comme pour l’IaaS, consiste à offrir les mêmes ressources matérielles mais à aller plus loin en ce qui concerne les services logiciels en proposant une pile (« stack ») sur laquelle l’entreprise développera ses applications ou ses services, sans avoir à maintenir les couches basses.

La plateforme Azure de Microsoft se range dans cette catégorie.

Modèles de déploiement

On distingue généralement trois modèles de déploiement qui sont le Cloud privé, les services de Cloud publics et les Cloud hébergés par des prestataires locaux.

  • Les premiers sont mis en œuvre par les entreprises pour leurs besoins propres.
  • Les seconds comme ceux proposés par Amazon, Microsoft ou Google ont vocation à servir les entreprises sur une échelle mondiale
  • Le troisième modèle consiste à utiliser des services d’hébergement proposés par des partenaires locaux plus proches de l’entreprise.

La question de la sécurité et de l’intégration des données

Si le Cloud apporte de nouvelles possibilités, il pose également de nouvelles questions au premier rang desquelles figurent la sécurité et l’intégration des données.

L’externalisation dans le Cloud du stockage des données pose la question de la sécurité et de la confidentialité des données qui y sont hébergées.

La multiplication des applications hébergées en dehors du Datacenter amène à son tour la question de l’intégration du système d’information. Comment intégrer les données commerciales d’un CRM hébergé avec les informations d’un ERP ? Comment éviter la formation de silos applicatifs et continuer à assurer une cohérence des données au niveau de l’entreprise ?

Pour répondre à ces défis, l’entreprise adoptera généralement différentes solutions qui aboutiront à la mise en place d’une informatique hybride combinant différents modèles cloud avec des applications résidant dans son centre informatique.

Un nouveau terrain d’affrontement pour les grands acteurs de l’informatique


Les principaux acteurs de l’industrie informatique, pour une fois unanimes sur l’importance du phénomène, fourbissent leurs armes en apportant chacun leurs spécificités.

  • Amazon qui a fait œuvre de pionnier dans ce domaine propose des services de type PaaS permettant à ses clients d’héberger des machines virtuelles dans ses Datacenter.
  • Google propose une offre de type IaaS destinée au développement de services Web mais aussi des services SaaS comme Google Apps combinant messagerie et services de collaboration temps réel.
  • Microsoft a investi significativement depuis des années pour construire son infrastructure cloud et propose désormais, via ses partenaires hébergeurs mais aussi en propre, des services hébergés de messagerie et de collaboration basés sur Exchange et SharePoint, des services de communication et de CRM, sans oublier une plateforme IaaS appelée Azure et destinée aux entreprises voulant externaliser l’exploitation de certaines applications ou développer des services Web.
  • Cette liste non limitative comprend également Cisco, IBM, Salesforce.com, VMware, … qui chacun à leur façon essaient de tirer parti de ce phénomène.

De nombreuses questions toujours en suspens

Si les offres de chacun de ces acteurs sont potentiellement intéressantes considérées en soi, les questions se posent dès lors qu’il s’agit d’intégrer ces services avec l’existant.

Les puristes du Web comme Salesforce.com ou Google prônent une informatique à 100 % hébergée dans le nuage.

Cette proposition, cohérente du point de vue de ces acteurs, n’est malheureusement pas réaliste pour des raisons qui tiennent à l’absence de solutions permettant de travailler en mode déconnecté, parce que un certain nombre de données confidentielles ne pourront pas être externalisées, parce que de nombreuses applications n’existent pas en mode hébergé, parce qu’il est nécessaire de partager les données entre les applications, …

Face à ces contraintes incontournables, l’approche qui semble prévaloir est celle d’une informatique hybride, combinant l’externalisation de certains services et une intégration avec le système d’information, l’utilisation de Clouds publics et privés en harmonie avec les applications s’exécutant dans le centre informatique de l’entreprise.

En définitive, le Cloud Computing est un domaine en pleine effervescence qui peut représenter une solution intéressante pour certains besoins bien identifiés mais pose souvent plus de questions qu’il n’en résout.

Le Cloud est un mode d’exploitation qui se prête bien à l’externalisation de certaines fonctions non critiques comme la messagerie ou le CRM. Il représente une solution intéressante pour les entreprises soucieuses de réduire leurs coûts d’exploitation ou voulant développer à peu de frais des services Web touchant des millions de personnes.

Pour de nombreuses entreprises pourtant, les services offerts manquent encore de maturité et il leur faudra encore réfléchir et attendre quelque temps pour envisager sereinement de confier au nuage des éléments de leur système d’information.

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