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2010 : l’année des tablettes ?

Cette année marquera vraisemblablement un tournant dans l’histoire de la « tablette », un type de PC destiné jusque-là à certaines applications verticales et qui va désormais s’adresser également au grand public grâce, entre autres, à l’arrivée d’Apple sur ce marché.
Si Apple aura réussi une fois de plus à capter l’attention des médias autour de sa nouvelle « création » le …, cette annonce aura également eu pour conséquence de rappeler que la tablette est une innovation datant de 1992 ou plus près de nous de 2002, année où Bill Gates annonçait une version « Tablet » de Windows XP.

Il est vrai que les différents « Tablet PC » introduits jusque-là n’ont pas rencontré le succès attendu par le fondateur de Microsoft, si l’on excepte certaines applications verticales nécessitant une saisie manuelle de données sur un ordinateur portable. L’exemple le plus connu étant peut être les chauffeurs d’UPS et leur tablette sur laquelle nous sommes invités à signer pour accuser réception d’un colis.

Beaucoup de chemin a néanmoins été parcouru depuis l’annonce de 2002 et Windows 7 intègre désormais en standard les extensions systèmes permettant d’utiliser un stylet, mais aussi les mains, pour saisir des données ou interagir tactilement avec le système.

Le salon du CES (Consumer Electronic Show) qui s’est tenu début Janvier à Las Vegas a été l’occasion d’une profusion d’annonces de nouvelles tablettes par la plupart des constructeurs. Dell, Lenovo, Asus, Motorola ou HP ont annoncé des tablettes ou des « liseuses » (eReader ou eBook) sous Windows 7 ou Android, à base de processeurs Intel ou ARM.

Le succès du Kindle d’Amazon (une « liseuse » destinée à la consultation de journaux ou d’ouvrages numérisés) ainsi que du lecteur de Sony ont manifestement inspiré les fabricants qui veulent désormais entrer sur ce nouveau marché, qui plus est validé par Apple.

Qu’appelle t’on au juste une tablette ?

La catégorie des tablettes est en pleine évolution mais repose généralement sur deux architectures :

  • PC sans clavier utilisable avec un stylet et/ou les mains pour la prise de notes et l’interaction avec le système
  • PC portable doté d’un clavier pouvant se glisser sous l’écran pour faciliter la prise de notes

Comment expliquer ce regain d’intérêt pour la tablette ?

Plusieurs facteurs se combinent pour créer un environnement à priori plus favorable.

  • L’extension des usages tout d’abord : La tablette n’est plus réservée aux seules applications professionnelles et devient progressivement, comme tous les dispositifs, un outil s’ouvrant sur les usages de loisirs. Ces nouveaux usages comprennent la lecture d’ouvrages numérisés ainsi que la consultation de publications en ligne par voie d’abonnement, la consultation de sites Web, le visionnage de vidéos…
  • Une couverture réseau de meilleure qualité : Depuis 2002, les opérateurs téléphoniques ont beaucoup investi pour offrir un service de « données » plus rapide, permettant un accès 3G beaucoup plus étendu et permettant ainsi l’accès depuis une tablette à un contenu en ligne très riche.
  • Le matériel a également évolué : écrans de meilleure qualité pour une lecture facilitée, batteries offrant une autonomie d’utilisation suffisante, prix en baisse.

Le modèle TouchSmart tm2 d’HP sous Windows 7 annoncé en Janvier et combinant trois fonctions : PC portable, Tablet PC et tablette tactile

Une tablette pourquoi faire ?

La réponse dépend du marché visé.

  • Pour le grand public qui constitue la cible de la tablette d’Apple, tout comme celle du Kindle d’Amazon ou du lecteur de Sony, les usages relèvent de la consommation de contenu multimédia, de la lecture de publications numériques, de la consultation de sites Web et de l’exécution d’applications du type iPhone comprenant la lecture de courriels, un peu de saisie sur un écran tactile.
  • Pour le marché professionnel, les usages sont liés au métier de l’entreprise utilisatrice. Un hôpital utilisera des tablettes pour saisir les données des patients tout en permettant la consultation des dossiers médicaux. Un cadre pourra utiliser sa tablette pour la prise de notes manuscrite en réunion et utiliser son outil en tant que portable en dehors. Un étudiant utilisera sa tablette pour prendre des notes en amphi tout en enregistrant son cours avec une application Office telle qu’OneNote.

A noter que les usages « grand public » peuvent bien entendu s’étendre aux machines professionnelles.

La tablette trouvera t’elle sa place entre le Smartphone et le netbook ?

C’est la question à laquelle Apple, comme d’autres constructeurs, devront répondre pour assurer le succès de leurs offres. Une tablette est en effet ce que les anglo saxons appellent un « form factor » se situant entre un téléphone tactile du type iPhone et un netbook doté d’une interface tactile.

Une tablette coûtera nécessairement plus cher qu’un Smartphone mais si son prix est beaucoup plus élevé qu’un netbook, la commercialisation risque d’être difficile.

Une solution consisterait peut être à offrir un portable qui emprunte certains caractéristiques aux netbooks ainsi qu’à la tablette. C’est le pari d’HP avec son TouchSmart tm2 annoncé au CES qui combine grâce à Windows 7 un portable, un Tablet PC utilisable avec un stylet et enfin une tablette tactile utilisable « à la main » de façon similaire aux tablettes dédiées.

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