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L’iPhone est-il prêt pour l’entreprise ?

Le succès que rencontre le terminal d’Apple auprès de plus en plus de professionnels pose la question de son adoption dans l’entreprise. Si Apple a réalisé des progrès importants pour sécuriser son offre, il reste quelques lacunes à combler en comparaison des offres de RIM et de Microsoft

Si le succès grand public de l’iPhone est indéniable, cet appareil étant désormais crédité de 50 % du trafic Internet mobile, peu nombreuses à ce jour sont les entreprises qui ont adopté ce terminal en dehors de Kraft Food en Europe et d’Oracle aux USA.

Les avantages de l’appareil sont pourtant nombreux à commencer par une interface particulièrement intuitive, ne nécessitant à priori aucune formation pour que l’utilisateur soit efficace. Qui plus est, Microsoft a licencié à Apple les protocoles ActiveSync permettant de synchroniser son terminal avec les serveurs de messagerie Exchange. Cela permet l’utilisation de l’iPhone pour accéder à ses messages, ses contacts et ses rendez-vous gérés avec la plateforme de messagerie la plus répandue en entreprise.

Les exigences de l’entreprise sont malgré tout différentes de celles du consommateur. Un iPhone qui se présente avec raison comme un iPod peut certes jouer des fichiers .pm3 mais beaucoup d’entreprises aimeraient pouvoir inspecter ces fichiers avant de les laisser cohabiter avec des données professionnelles. La durée de vie de la batterie est également un facteur à prendre en compte. Celle de l’iPhone est inférieure à celle d’un BlackBerry compte tenu de la taille de l’écran du terminal d’Apple, de la connectivité quasi permanente de cet appareil et des fonctions multimédia.

Conscient de cette limitation Apple a d’ailleurs bridé son terminal pour empêcher un fonctionnement multitâche qui risquait d’entrainer un épuisement trop raide de la batterie.

Mais le principal obstacle qui se dresse à une adoption massive consiste dans la sécurité du terminal.

L’iPhone étant un appareil initialement conçu pour le grand public, le niveau de sécurité de la première version était relativement bas et inadapté pour l’entreprise. Si la version 3.0 et notamment la version 3.1 du firmware ont amélioré sensiblement les choses, selon un grand nombre d’experts en sécurité il est relativement facile de contourner ses mesures.

L’iPhone ne bénéficie pas non plus de l’ensemble des outils permettant la gestion d’une flotte de terminaux mobiles. Il n’est pas aisé de déployer à distance des applications métiers et on ne dispose pas toujours de fonctions permettant de bloquer ou d’effacer les données à distance en cas de perte ou de vol du terminal.

Si des solutions de sécurité existent, permettant notamment l’établissement d’une connexion VPN sécurisée, le développement d’outils antivirus se heurte à la résistance d’Apple qui rechigne à collaborer avec les éditeurs prétextant l’absence de danger en la matière, ce qui apparait comme une posture déraisonnablement optimiste.

Conscient des dommages que pourrait causer une image de plateforme insuffisamment sécurisée, Apple semble se pencher plus sérieusement sur cette question. Le fait que la firme de Cupertino soit à la recherche d’un chef de produit en charge de la sécurité pour cet appareil semble être un pas dans la bonne direction.

En attendant que la sécurisation de l’iPhone atteigne le niveau de ses concurrents établis que sont RIM et Microsoft, il est souhaitable d’étudier l’adéquation des outils de sécurité disponibles avec la sensibilité des données professionnelles qui seront éventuellement hébergées sur ce terminal.

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