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Qu’est-ce qu’un logiciel Open Source ?

Si l’Open Source fait désormais partie des outils communément utilisés dans un grand nombre d’entreprises, la compréhension de ce qu’est l’Open Source reste encore balbutiante de même que sont encore nombreux les mythes que cet article essaye de dissiper.

D’une façon générale, un logiciel Open Source est une application produite sans visée commerciale par une communauté de développeurs, ce qui le place en opposition avec les logiciels dits propriétaires tels que ceux produits par des éditeurs traditionnels tels que Microsoft, Adobe, Oracle ou encore SAP.

Contrairement aux logiciels propriétaires, le « code source » de ces applications, c’est-à-dire leur logique de fonctionnement, est à la disposition des utilisateurs qui peuvent, s’ils le souhaitent, adapter ces outils à leurs besoins spécifiques ou plus prosaïquement corriger eux-mêmes des bogues, si tant est qu’ils disposent des compétences nécessaires.

Il existe un grand nombre de logiciels Open Source parmi lesquels on dénombre le navigateur Firefox de Mozilla, la plateforme de blogging WordPress illustrée ci-dessous, la suite Open Office ou encore le système d’exploitation Linux.

Open Source équivaut-il à ouverture ?

Les logiciels Open Source sont susceptibles de s’exécuter sur de multiples environnements, Open Source tout comme propriétaires, à l’instar de Firefox qui est disponible indifféremment sous Windows, Mac OS ainsi que pour les différentes distributions Linux. De ce fait Windows, tout en demeurant une plateforme propriétaire, représente une plateforme de choix pour l’exécution de logiciels Open Source, Microsoft ayant compris qu’il était préférable que ces applications s’appuient sur son système plutôt que sur Linux.

Ce constat permet d’introduire une distinction importante entre plateforme ouverte et produit Open Source. Si une application Open Source est par définition ouverte, une plateforme même propriétaire peut l’être tout autant, dans la mesure où ses auteurs le souhaitent. A ce titre, Windows peut être considéré comme une plateforme ouverte là où l’iPhone ne le serait sans doute pas étant donné qu’une application doit faire l’objet d’une approbation par Apple avant que d’être autorisée.

L’Open Source est il synonyme de gratuité ?

Un grand nombre d’applications Open Source existent pour la quasi-totalité des domaines d’applications, en dehors peut être des progiciels de gestion intégrés. Ces applications sont disponibles gratuitement (leur support étant généralement payant) ce qui leur confère un attrait important par rapport aux solutions propriétaires. Ceci étant, le coût d’une solution logicielle ne s’arrête pas au coût d’acquisition. Il est nécessaire de prendre en compte les coûts de déploiement, d’intégration avec l’existant, de formation et de support. L’ensemble de ces coûts appelé TCO pour Total Cost of Ownership (coût total de possession) rend la comparaison avec les solutions propriétaires moins avantageuse qu’il n’y paraît au premier abord.

Pourquoi les utilisateurs comme les entreprises ne privilégient ils pas les solutions Open Source ?

La réponse à cette question tient à la nature indépendante, quasi anarchique qui préside au développement des applications Open Source.

Contrairement aux éditeurs traditionnels qui doivent nécessairement garantir le bon fonctionnement de leurs logiciels en contrepartie de leur achat, il n’existe pas ou peu de motivations financières pour la communauté des développeurs Open Source. Ceux-ci sont généralement guidés par la reconnaissance technique de leurs pairs ainsi que la volonté altruiste de mettre leur travail à disposition du grand public.

En conséquence, la résolution des problèmes techniques, inévitables dans tout produit logiciel d’une certaine complexité, est laissée au bon vouloir de bénévoles qui n’ont pas forcément la disponibilité nécessaire pour remédier aux dysfonctionnements ainsi qu’aux problèmes d’intégration de leurs outils avec d’autres applications. Il est difficile dans ces conditions de s’appuyer sur de telles solutions pour l’exécution d’applications critiques sans disposer d’un contrat de support dont le coût rapproche les solutions Open Source des applications traditionnelles.

On ajoutera enfin l’inertie des utilisateurs qui préfèrent souvent le confort d’une plateforme connue et maîtrisée à l’inconnu d’une nouvelle application. Ce facteur explique la résistance des parts de marché d’Office face aux nombreux clones Open Source tout comme le fait que Windows se soit imposé sur les netbooks qui à l’origine étaient quasiment tous livrés sous Linux.

A contrario, les éditeurs traditionnels sont rémunérés pour la vente de leurs applications et sont donc fortement incités à corriger rapidement les problèmes qui ne manqueront pas de survenir tout comme à faire rapidement évoluer leurs solutions pour justifier de mises à jour périodiques.

Faut-il pour autant bannir les applications Open Source ?

Si le faible investissement initial dans une application Open Source peut représenter une incitation importante, les coûts de déploiement et d’intégration ajoutés aux coûts récurrents de support rendent généralement impraticable une stratégie purement Open Source.

Ceci étant, bon nombre de ces applications peuvent être déployées dans la mesure ou leurs utilisateurs disposent des connaissances techniques suffisantes pour les faire évoluer, rechercher des solutions dans les forums de support ou les configurer pour les intégrer dans leur environnement de production.

Ces deux types d’applications, Open Source tout comme propriétaires sont destinés à cohabiter, tout comme Linux et Windows, dans la plupart des entreprises.

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